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Un membre très "classique", mais pas comme les autres Repérage

14 septembre 2018
David Glaser
notreHistoire

A la découverte de René Gagnaux, un «notreHistorien» actif. L'habitant d'Altdorf (Uri) a alimenté son musée musical en ligne au fil des années. Mille pages web après l'ouverture du site, il en a ouvert un deuxième afin de ne pas surcharger le premier. Il a trouvé, en notreHistoire.ch, un moyen idéal de faire rayonner sa passion pour la musique au côté d'une communauté partageant la même passion que lui pour la musique classique et les trésors d'enregistrement trop rarement mis en valeur par les sites web des médias spécialisés. René Gagnaux est un passeur et un de nos membres les plus prolifiques (son profil rassemble 405 documents audios, 335 photos, 11 vidéos et 130 textes publiés), ça valait bien une conversation suivie d'un questionnaire sur ses goûts en matière de musique classique.

René Gagnaux, lors d'un voyage en Egypte (collection www.rene-gagnaux.ch***)***

Etes-vous musicien, mélomane, les deux?

Seulement mélomane, sans formation musicale.

Quels sont les genres musicaux que vous préférez et pourquoi?

J'aime un peu tous les genres, ceux que je préfère sont la musique orchestrale (symphonies, concertos, etc…) et la musique religieuse, avant tout les messes.

Pourquoi avoir intégré la communauté de notreHistoire.ch?

À l'origine de mon intérêt pour Notre Histoire est Martine Desarzens: elle avait visité mon site et remarqué mes restaurations de disques de Victor Desarzens. C'est pourquoi elle m'a écrit pour me demander de mettre ces enregistrements - et si possible d'autres... - sur Notre Histoire, dans le groupe consacré à son père. Je me suis ensuite intéressé de plus en plus à Notre Histoire et commencé de créer plusieurs groupes: le premier fut - bien entendu... - celui consacré à Ernest Ansermet.

Victor Desarzens, dans le studio de Gaston de Jong (***Collection Martine Desarzens***)

Vous êtes un des plus actifs, pourquoi avez-vous cette envie de partager votre passion avec la communauté. Qu'espérez-vous dénicher grâce à notreHistoire.ch?

Au cours des décennies, j'ai collectionné un grand nombre d'enregistrements radio, ayant commencé d'enregistrer sur bande déjà en 1968. Un peu plus tard j'ai commencé de collectionner aussi des disques. Avec la digitalisation il est ensuite devenu possible de partager facilement ces enregistrements, d'autant plus s'ils sont vieux de plus de 50 ans, donc un partage conforme à notre législation sur les droits d'interprètes (droit voisin). C'est devenu rapidement une passion de faire connaître - et aimer - à d'autres ce que j'aime, d'où la création de mon site, qui a précédé de quelques années ma participation à Notre Histoire.

Arrivez-vous toujours à rassembler les informations qu'il vous manque pour renseigner un enregistrement?

Pas assez souvent. La recherche des informations est en général assez ardue, trop souvent sans résultats concrets. Elle nécessite beaucoup de temps, mais - étant en retraire - j'ai la chance de pouvoir disposer de mon temps comme je le désire.

"Les rendre disponibles à tous"

Vous avez un site où vous référencez énormément de documents, tous dans le domaine public, quelle est votre intention?

Mon intention primaire est de sauvegarder le plus possible des enregistrements que j'ai rassemblés au cours des décennies, ainsi que les informations qui y sont liées, souvent difficiles à trouver - et de les rendre disponibles à tous.

Qu'est-ce que cela vous apporte, par rapport à notreHistoire.ch, de maintenir ce site? Une audience plus exhaustive, plus mondiale? Est-ce que notre Histoire vous sert de plateforme d'hébergement complémentaire à votre site?

Non, c'est plutôt le contraire! Il ne faut pas oublier que mon site est plus ancien que le début de ma participation à Notre Histoire, et contient beaucoup d'enregistrements qui ne sont pas sur Notre Histoire, n'appartenant pas aux thèmes de Notre Histoire.

Notre Histoire a par contre l'avantage de rendre ces enregistrements et documents disponibles pour toujours, du moins je l'espère! Mon site, par contre, disparaîtra hélas avec moi, car il faut bien que quelqu'un paie l'hébergement de mon site et l'accès aux fichiers - c'est loin d'être gratuit, ce que beaucoup oublient! C'est pas bon marché, mais la restauration de disques, mon site, c'est ma passion...

Avez-vous créer des contacts forts avec d'autres membres de notreHistoire? Lesquels et pourquoi?

Surtout avec Martine Desarzens. Autrement je suis d'un naturel assez renfermé, je vis aussi un peu en ermite... Un peu schizophrénique, étant donné que l'une de mes passions est justement de partager ce que j'aime!

L'épisode "La science appelle les jeunes"

Comment avez-vous établi votre collection de disques, d'enregistrements?

À l'origine de tout ça est en fait l'un des premiers concours de "La science appelle les jeunes" (une organisation fondée en 1966). En 1968 j'ai obtenu un second prix avec un travail fait alors que j'étais encore apprenti. Avec l'argent gagné j'ai pu m'acheter mon premier tourne-disque et mon premier enregistreur sur bande, ce qui a été l'impulsion pour collectionner disques et concerts, ainsi que des documents radiodiffusés. J'ai toujours eu une préférence pour les enregistrements de concerts, pris sur le vif.

Tout ce qui touchait à la musique en Suisse vous intéressait-il?

C'est d'abord la musique en général qui m'intéressait. Ce n'est que plus tard que j'ai commencé à m'intéresser à la musique en Suisse, plus particulièrement aux musiciens moins connus à l'étranger: j'ai fait mes études techniques et universitaires en Allemagne, et connaître mieux ce qui se passait en Suisse était pour moi une nécessité vitale, afin de mieux supporter la vie seul à l'étranger.

Quel est votre métier?

J'ai d'abord fait un apprentissage de laborantin (Section D, Études des métaux) auprès de la Fonderie Gisling de Moudon. Ensuite, poussé et soutenu par mon patron André Gisling, je suis parti étudier la technique de fonderie à l'école des Mines de Duisbourg, puis les sciences des matériaux à l'Université Technique de Berlin-Ouest. Ma dernière formation officielle est donc ingénieur diplômé en Sciences des Matériaux, spécialisation en fonderie des métaux.

Avez-vous déjà exercé la fonction de documentaliste?

Non. Mais aussi bien pendant mes études que plus tard, travaillant d'abord en recherche et développement, j'ai dû chercher moi-même beaucoup de documentation, un peu partout. D'où une certaine expérience en ce domaine, qui m'est restée.

"Un service de publicité pour l'industrie"

Que pensez-vous des radios et plus généralement des médias qui proposent de la musique classique ?

De certaines radios ou medias pas beaucoup de bien: trop de radios ont des trésors dans leurs propres archives, mais elles ne diffusent presque plus que des enregistrements studio. Elles sont devenus quasiment un service de publicité pour l'industrie du disque. Exemple typique: France Musique, hélas. Dans le temps, elle diffusait encore pas mal de propres enregistrements, depuis une dizaine d'années c'est devenu très rare. Radio Classique, Classic FM: je n'écoute plus ce genre de "radios". Notre Radio Suisse Romande est - heureusement - la grosse exception, plus particulièrement Espace 2, qui diffuse beaucoup d'enregistrements de ses propres archives, qui a encore des émissions très, très captivantes.

Pourquoi avez-vous «émigré» dans le canton d'Uri, vous qui venez de Payerne, dans le canton de Vaud?

D'une part parce que j'aime beaucoup cette région, mais avant tout à cause du travail: dès la fin des années 1970, les fonderies suisses déclinaient de plus en plus. En 1985-1986 j'avais un travail que j'aimais beaucoup, dans l'usine de Von Roll à Choindez, Jura (chef de la fusion, fonctionnant sans interruption, jour et nuit: une excellente expérience, quand on est encore jeune!). En 1986 j'ai eu un grave accident de la circulation et ai été hospitalisé pendant 6 mois: ça m'a permis de réfléchir à mon avenir, et c'est pourquoi j'ai cherché un nouvel emploi en dehors des fonderies, que j'ai trouvé à Altdorf. Et rapidement Uri est devenu ma "patrie d'adoption", que je ne quitterai plus. D'autant plus qu'avec les possibilités de l'internet, et grâce aux plateformes comme Notre Histoire, je peux rester en contact avec la Suisse Romande, avec le monde entier.

QUESTIONNAIRE MUSICAL

> Votre compositeur préféré?

Très difficile à me décider. Mais celui dont je ne pourrais plus m'en passer, est Jean-Sébastien Bach. Viennent ensuite Mozart, Bruckner, Mahler.

> Votre chef d'orchestre préféré?

Ernest Ansermet. Ensuite, Wilhelm Furtwängler, Otto Klemperer, Victor Desarzens, Armin Jordan. Parmi les chefs d'orchestre vivants: Herbert Blomstedt, Bernard Haitink, Mariss Jansons, Valeri Guerguiev

Ernest Ansermet, (collection René Gagnaux, archive promo Decca Records)

> Votre œuvre préférée?

Encore une question très difficile... La messe en si mineur de Bach, le requiem de Mozart, le requiem de Fauré. Assez curieusement, toutes des œuvres religieuses, bien n'étant pas du tout bigot.

> Votre instrument préféré?

Impossible à donner une seule réponse! Parmi mes préférés: le hautbois, l'alto, le violoncelle, l'orgue

> Un violoncelliste?

Un violoncelliste: Pablo Casals. Une violoncelliste: Sol Gabetta

> Un violoniste?

Un violoniste: Henryk Szering. Une violoniste: Anne-Sophie Mutter

> Un pianiste?

Un pianiste: Ievgueni Kissin. Une pianiste: Clara Haskil.

> Votre opéra préféré?

« La Bohème » de Puccini

> Un chanteur/une chanteuse?

Hugues Cuénod, Basia Retchitzka - qui est beaucoup trop oubliée (j'espère que la RTS n'oubliera pas son centenaire en 2020!).

> Quelle est l'archive que vous préférez sur notreHistoire.ch (la vôtre et celle d'un autre)?

Actuellement mon article sur L'Histoire du Soldat, et les deux enregistrements de la RSR qui y sont présentés: la suite dans l'enregistrement de 1956 et la version d'origine radiodiffusée de 1952. Celle d'une autre: tout ce qu'a fait Martine Desarzens, un hommage inoubliable à son père.

Propos recueillis par David Glaser

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  • Pierre-Marie Epiney

    Bravo René ! J'apprécie beaucoup vos publications et vous remercie de partager l'énorme travail que vous accomplissez. Je partage votre trio de compositions préférées : La messe en si mineur de Bach, le requiem de Mozart, le requiem de Fauré. J'y ajouterai la Passion selon St-Jean et la St-Mathieu de Bach. Merci.

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