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Le promoteur face à Chappaz et Weber

21 octobre 2020
Pierre-Marie Epiney

Urbain Kittel (*1931) porte aujourd’hui un regard critique sur son action immobilière et reconnaît volontiers avoir fait quelques erreurs mais, au final, selon ce qu’on lui a dit, il semblerait que le développement d’Anniviers soit « acceptable ».

Ayant milité pour « une promotion immobilière mesurée et un développement touristique harmonieux », il reconnaît à Maurice Chappaz (1916-2009), l'auteur des "Maquereaux des Cimes blanches" et à Franz Weber (1927-2019) "l'ayatollah de la cause écologique" des qualités de visionnaires et de modérateurs dans le développement de la vallée.

Voici ce que Bernard Crettaz dit dans son essai : "Le curé, le promoteur, la vache, la femme et le président" paru en 2008 aux Editions Porte-plumes (en page 63) :

Le promoteur Urbain Kittel n’est donc pas l’inventeur du tourisme anniviard. Urbain Kittel fut pourtant, et demeure, LE promoteur d’Anniviers, le seul au sens complet dans la vallée. Pour ses admirateurs, c’est lui qui a presque tout fait dans la nouvelle modernité de la vallée. Pour ses détracteurs, il a beaucoup moins entrepris que ce qu’on lui attribue. Son œuvre, décisive pourtant, consistera à fédérer les énergies, à unifier la vallée pour des actions prioritaires en créant un bureau opérationnel et omniprésent. Kittel est un Anniviard atypique. Il connaît une enfance de grande dureté, faite de privations. Orphelin dès les premiers jours de sa naissance en 1931 (il dira qu’il n’a pas de père !), il vit avec ses deux autres frères auprès de leur mère Clotilde, grande couturière de la vallée. Il travaille à la forge de son grand-père et pratique des activités traditionnelles de charbonnier, de chevrier, de petit berger dans les alpages. Très tôt, il se singularise comme un rebelle, refuse de devenir enfant de chœur et se révolte contre le curé qu’il accuse de privilégier les notables de Vissoie et d’être dur avec les veuves. Malgré une intelligence supérieure, il ne peut faire d’études, faute de moyens pour aller au collège, étape nécessaire à l’obtention d’un certificat de maturité.

et page 69 :

A la faveur de ces débats, Anniviers doit affronter l’attaque sévère de l’écologiste Franz Weber dénonçant le péril de la laideur des nouveaux complexes immobiliers sur le paysage montagnard. Weber fut soutenu par un groupe d’Anniviards et de Sierrois, dont certains étaient des « anti-Kittel » tandis que d’autres nourrissaient simplement des inquiétudes plus légitimes sur l’esthétique du développement. Il y eux alors comme un climat de guerre et Franz Weber, sur les hauteurs de Chandolin, fut tout bonnement arrosé de purin. La mafia d’Anniviers avait gagné, invoquant les exigences du grand combat pour sauver la montagne et manifestant de façon peu noble ses violentes tendances anti-écolos.

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