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Le projet de pont Bel-Air-Montbenon 1933

1933
Philippe Chappuis

Recherchant des images de la Librairie Gonin dans les années 1930, j'ai trouvé des photographies de la rénovation du Grand-Pont entreprise par la Municipalité de Lausanne en été 1933. Cet article de la Gazette du 7 juin 1933 décrit les intentions de la Municipalité. Le 22 juin 1933, présentation à la presse d'un projet de plus grande envergure (Gazette de Lausanne, Grand projet d'Urbanisme), celui des architectes René Bonnard (1882-1949) et Edouard Boy de la Tour (1894-1952). Historiquement, il est très intéressant par les solutions proposées aux problèmes urbains de l'époque. Plus que les seuls élargissement et la rénovation du Grand-Pont, ce projet s'attaque au problème de la circulation et du parcage au coeur de la ville, congestion insupportable de la circulation au centre de la ville, ne laissant que la portion congrue pour les piétons ! Le concept d'espace de verdure et de détente n'est pas encore au premier plan, visiblement la voiture est reine ! Pour désengorger la Place St-François, les architectes, mandataires de la Compagnie du Lausanne -Ouchy, proposent une solution novatrice et audacieuse: un pont de 185 m reliant la place Bel-Air et Montbenon, enjambant le vallon du Flon, prenant appui sur les terrasses de 2 immeubles renforcés (dont l'un est l'Imprimerie Centrale) reliés par 3 passerelles en béton. On voit ici l'importance et l'influence majeures de la maîtrise du béton sur les réalisations de l'entre-deux-guerres.

notrehistoire.imgix.net/photos...

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Ce choix architectural et technique simplifiait considérablement la réalisation d'un pont à ce niveau et en réduisait son coût. Une partie des terrasses était destinée à servir de parc à véhicules, solution bienvenue puisque le parcage en 1933 était déjà problématique.

Les solutions apportées, par le projet des 2 architectes, aux difficultés de circulation des véhicules et des piétons ainsi que à celles du parcage automobile n'ont pas suffit à sa réalisation. Peut-être que la dépression qui toucha le bâtiment de 1932 à 1936 joua un rôle dans la non-concrétisation de ce vaste projet.

Une autre analyse du projet a été faite par l'ingénieur et journaliste Jean Peitrequin (personnalité vaudoise originale, voir le commentaire de Roger Monnard) dans le Bulletin technique de la Suisse romande de 1933 dont sont extraites les 2 illustrations ci-dessus. Jean Peitrequin conclut sa présentation du projet par ces mots:

"Il est évident que de tels projets ne sont pas d'une réalisation aisée. De gros intérêts sont en jeu, dont beaucoup sont fort respectables. Les difficultés seront importantes. Mais c'est le contraire qui surprendrait..."

Le projet de René Bonnard et Boy de la Tour n'est qu'une solution imaginée pour résoudre le "problème" du vallon du Flon, véritable entaille au coeur de la cité de Lausanne avec ses deux niveaux sociaux, ceux d'en-haut et ceux d'en-bas. Les urbanistes n'eurent de cesse de rechercher à créer des liens entre les 2 niveaux, mobilisant massivement l'opinion lausannoise et plaçant les autorités devant des décisions délicates.

L'article pour l'Heimatschutz de 1994 écrit par Rahel Hartmann intitulé Lausanne cherche toujours une solution pour la vallée du Flon, Les Ponts Tschumi sur le vide nous retrace et commente l'historique de ce chapitre de la vie lausannoise.

Merci à Renata Roveretto de m'avoir mis sur la piste du projet lauréat du Concours international d'urbanisme lancé par la ville de Lausanne en 1987, le projet "Ponts-Ville" des architectes Tschumi/Merlini.

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  • Roger Monnard

    Merci pour cet article très intéressant: et quelque info de plus sur, (en1933), le futur syndic Jean Peitrequin :

    Jean Peitrequin, né à Lausanne le 5 octobre 1902 et mort le 15 mars 1969, est un ingénieur civil, journaliste, écrivain et personnalité politique vaudoise. Biographie

    Jean Peitrequin obtient un diplôme d'ingénieur civil après des études effectuées à l'école polytechnique fédérale de Lausanne. Membre du Parti radical-démocratique, il entame alors une carrière politique, devient conseiller communal, puis député au Grand Conseil (de 1935 à 1945) et syndic de Lausanne de 1950 à 1957.

    Il s'illustre essentiellement dans de courts textes humoristiques, des textes de revues montés en spectacle et plusieurs pièces de théâtre (roman policier) mises en onde pour la radio.

    Fondateur de la Loterie romande, Jean Peitrequin est également homme de radio et de télévision, est en tant que tel membre de l'Association de la Presse suisse et du Pen-Club romand.

    source Wikipédia

  • Philippe Chappuis

    merci d'avoir enrichi l'article par des informations sur Jean Peitrequin et de votre intérêt pour ce projet, effectivement emblématique de l'urbanisme de cette époque et dans lequel la personnalité et la formation de René Bonnard s'expriment clairement.

  • Renata Roveretto

    Cher monsieur Philippe Chappuis, juste un lien dont je ne sais, si cela peut avoir une certaine importance pour vous en rapport de votre documentation présente: actu.epfl.ch/news/si-l-outil-e...

    • Philippe Chappuis

      Votre commentaire avec ce lien est pertinent. Le projet de Tschumi/Merlini de 1989 s'attaque de nouveau à la problématique sociologique d'un vallon creusé au coeur de la cité. J'ai trouvé aussi intéressant de parcourir ce pdf intitulé Les ponts Tschumi sur le vide : Lausanne cherche toujours une solution pour la vallée du Flon édité par l'Heimatschutz en 1994 qui aborde précisement les différentes facettes de ce problème ( e-periodica.ch/cntmng?pid=hei-... )

    • Renata Roveretto

      Cher monsieur Philippe Chappuis, excellent bien vu et lu Et j'aime beaucoup la petite remarque de Luigi Snozzi concernant le caractère du vaudois vu et compris par lui.

Philippe Chappuis
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3 mai 2021
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