Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.
Adolphe Geisel: Orphelinat (affiche de l'exposition Romont-Souvenirs)

Adolphe Geisel: Orphelinat (affiche de l'exposition Romont-Souvenirs)

Adolphe Geisel
Adolphe Geisel-Ville de Romont

La date de cette photographie n'est pas connue (années 1940?). Les soeurs d'Ingelbohl (dont le portrait a été agrandi) dirigent l'orphelinat.

Luc F. Dumas, qui y a été placé à l'âge de 12 ans, en 1939, par son père (Fernand Dumas, architecte qui a construit notamment un très grand nombre d'églises), compare l’orphelinat de Romont soit à une caserne, soit à un "univers pénitentiel des trappes et des chartreuses dont cette sainte maison avait recueilli avec piété les traditions les plus austères".

"Crâne tondu, vêtus d’une blouse grise aussi roide qu’une bure de capucin, nous partagions notre temps selon le tiercé bénédictin: prière, travail, sommeil. On dormait dans de grands dortoirs, à la mode cistercienne et dans un silence monacal, on travaillait en salle commune ou à la cuisine et l’on priait à l’église. C’est bien là le malheur.

(…) je n’éprouvais le sentiment d’être enfermé que lorsqu’il fallait sortir. Enfermé dans le carcan disciplinaire qu’on nous passait au cou sitôt passé le seuil de la porte et qui nous obligeait à marcher en colonne, sur deux rangs, talonnés par la sœur jusqu’à l’église. (…)

(…) le plus cruel de ces marathons spirituels était celui qui suivait la sortie de la grand-messe du dimanche. Mon père avait, en effet, l’habitude de réunir sa marmaille sous le porche de l’église, de bavarder un moment avec le préfet ou l’un de ses amis, avant de rentrer à la maison. Il m’était donc impossible de les éviter. Impossible aussi d’éviter le pire : car notre colonne forcée devait dépasser toute la famille, étalée à travers la rue du Château, où se trouvait justement l’orphelinat. (…)

Luc F. Dumas : Bachu, Lausanne, Ed. L’Age d’Homme, 1983, p. 158-160. Propos publiés aussi dans "Episodes de la vie fribourgeoise I, p. 100"

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
  • Renata Roveretto

    Merci à cet photographe monsieur Adolphe Geisel pour ces images très sensible, reflétant une partie très sombre de l'histoire de la vie des enfants en suisse

    Merci aussi aux personnes s'occupant des archives de la Ville de Romont pour ces publications très importantes

    Amicalement Renata

    • Archives de la Ville de Romont

      Bonjour. Merci à vous pour votre soutien. Je trouve aussi que les photographies que nous a laissées Adolphe Geisel sont très belles et très intéressantes. Il savait en particulier capter la beauté et l'expression des personnes qu'il photographiait et créer avec elles un lien personnel. Ses photographies ne sont pas vides et impersonnelles, même s'il s'agit de reportages et d'images de commande.

    • Renata Roveretto

      Oui merci à vous de l'avoir si bien exprimé... touchée

      Amicalement Renata

Partenariats éditoriaux 2022:
Partenaires de soutien:
108,846
6,801
© 2023 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.