La Galerie Connaître entre 1949 et 1964

24 avril 1959
Genève, Boulevard des Philosophes 5
Claire Bärtschi-Flohr

J’ai récemment retrouvé un article publié dans le journal «Construire» en 1990, rapportant des propos de Georges Pfund recueillis par la journaliste Françoise Nydegger (photo). J’ai eu le grand plaisir d’avoir des nouvelles très détaillées de la vie de Georges Pfund. En 1990, j’étais si occupée par la famille, l’enseignement, ma santé, parfois un engagement théâtral, que je n’ai malheureusement pas eu l’idée de rendre visite à cet homme charmant dans son nouvel espace culturel de la Villa Cusin, à Pregny-Chambésy. Je le regrette beaucoup aujourd’hui…

C’est grâce à cet article et au récit de Georges Pfund que j’ai redécouvert cette « Galerie Connaître » qui m’avait tant plu et intéressée lorsque j’avais vingt ans.

Voici un exttait de cet article. C’est Georges Pfund qui s’exprime :

« La période de « Connaissance 1 » est liée à la Galerie du Boulevard des Philosophes. Elle a duré quinze ans. (1949-1964) Après des études littéraires, faites un peu sur le tard, j’avais créé dans cette galerie une coopérative d’édition et un espace culturel. Quantité d’artistes et d’étudiants se pressaient à nos soirées. Il y avait toujours des événements à ne pas manquer. Grâce à notre ciné-club, nous avons accueilli des monstres sacrés du cinéma et du théâtre. Gérard Philippe, Arletty, Jean Marais, Edwige Feuillère. Même Johnny Halliday, alors âgé de 16 ans, s’est produit dans le cadre du club guitare. Lors de la dernière soirée, boulevard des Philosophes, la chanteuse chilienne Violeta Patra est venue offrir un récital. C’était extrêmement émouvant. D’autant plus que je sentais que cette aventure allait se terminer sous peu : je partais pour l’Egypte. »

A la fin des années 1950, j’ai beaucoup fréquenté cette galerie. Pendant une ou deux années seulement, puisque j’ai quitté Genève pour Strasbourg en septembre 1960.

Je me souviens d’un lieu très convivial, au premier étage de l’immeuble du 5, boulevard des Philosophes, à Genève. Il y régnait une ambiance gaie, colorée… C’était un lieu rempli de livres et de tableaux.

Georges Pfund (1916-2012) était enthousiaste, chaleureux, ouvert, raffiné et d’une extrême politesse.

J’étais une élève assidue du Conservatoire, section art dramatique. Avec Jean Bard, la pause se tenait toujours au « Lyrique » mais entre étudiants,, nous nous retrouvions plutôt chez « Landolt ». Les cafés étaient investis par la jeunesse, et même par les jeunes filles ! Au grand dam de ma mère qui ne pouvait même pas imaginer qu’une jeune fille se rende au bistrot, comme elle disait. C’était impensable de son temps. Pour elle, bistrot était synonyme d’ivrognerie et il faut se rappeler qu’il fut un temps où de nombreux hommes allaient boire leur paie… Les gens de son époque ont dû lutter comme l’alcoolisme. On l’oublie trop souvent.

Mais revenons à la Galerie Connaître qui proposait des expositions d’artistes contemporains. Georges Pfund organisait des soirées de lecture à l’occasion d’un vernissage. J’y ai lu des pages de l’écrivaine Thyde Monnier en avril 1959. J’en ai retrouvé mention dans le Journal de Genève sous forme d’une petite annonce :

Claire Bärtschi-Flohr
Galerie Connaître, coupure de presse
24 avril 1959
Galerie Connaître, coupure de presse

Ah, la belle époque, où une nombreuse jeunesse se rendait aux concerts classiques et aux concerts de jazz, dans les galeries de peinture, au théâtre et aux conférences. Qui était abonnée à des collections de livres… C’était la mode ! La mode d’être de jeunes adultes intéressés par tout ce que la culture offrait et qui souhaitaient développer leur esprit critique.

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Claire Bärtschi-Flohr
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26 mars 2024
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