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Mon père, Albert Flohr (1911-1976) et RADIO GENEVE_12 Repérage

10 novembre 2013
La Chaux-de-Fonds
Claire Bärtschi-Flohr
Claire Bärtschi-Flohr

J'avais retrouvé quelques photos éparses dans l'album de ma mère, Renée Flohr (1913-1990), accompagnées de quelques notes de sa main, pas toujours suffisantes.

Grâce à la dépose de ces photos sur la plateforme www.notrehistoire.ch, j'ai pu reconstituer la carrière professionnelle de mon père, que je connaissais mal. Je n'étais qu'une enfant à l'époque et ma perception des choses n'était pas très nette.

Voici donc cette trajectoire dans son ordre chronologique. Elle est intéressante à plus d'un titre, car elle montre que malgré d'évidentes capacités, reconnues par tous, les emplois ne furent pas toujours faciles à trouver et à garder. Ce fut une lutte continuelle. Mon père travaillait énormément. Il partait le matin à 7 heures, prenait son repas de midi en vitesse à la maison et ne rentrait que vers 19 heures, parfois plus tard. Il ne se reposait que le dimanche.

Après des études au Technicum de Genève, il fut d'abord technicien. Plus tard, il obtint le titre d'ingénieur SIA.

A 19 ans, il devança l'appel pour effectuer son service militaire en France, à Montpellier et au Mont-Valérien, à Paris. Il ne possédait qu'un permis C. Il a souvent envisagé la naturalisation mais elle était chère. Il était arrivé à Genève à l'âge de 4 ans, en 1915, avec sa mère, suissesse, et son frère, fuyant les Vosges après le décès de leur père et mari sur le front.

Dans les années trente, le chômage sévissait. Mon père a travaillé d'abord comme mécanicien dans le garage de son beau-père, Marc, dit Marco Archinard (1886-1940), propriétaire d'un garage aux Pâquis, rue Rothschild. Il a travaillé à Lyon un ou deux ans (chez Calorie France ?) puis il fut engagé en mars 1938 par Calorie S.A., Genève. Dans cette entreprise, il dirigea les études consacrées à l'élaboration du chauffage et de la ventilation de la Maison de la Radio, sise au Boulevard Carl-Vogt et alors en construction.


Chez Calorie SA, 1938 Albert Flohr, deuxième depuis la droite


construction de la Maison de la Radio 1938 Albert Flohr supervise

construction de la Maison de la Radio 1938_ Albert Flohr en plein effort.

Liens :

http://www.rts.ch/archives/radio/divers/emission-sans-nom/3253302-radio-geneve-01-01-1938.html

http://www.notrehistoire.ch/photo/view/36597/

Cette collaboration a été interrompue par la guerre. Mon père fut mobilisé dans la Ligne Maginot en septembre 1939. Fait prisonnier en Allemagne en 1940, il s'évada deux fois et revint à Genève en 1941. Je crois me souvenir qu'il retrouva sa place chez Calorie SA.

Au début des années cinquante, il devint directeur technique des « Ateliers de Carouge », rue Jean Lachenal.

Lorsque cette entreprise décida de ne plus effectuer de « travaux spéciaux » et de se consacrer uniquement à la fabrication de citernes, mon père fut congédié. Il avait cinquante ans. En quelques mois, nous vîmes ses cheveux blanchir. Il postula pour différents emplois. Mais les salaires proposés étaient très en dessous de ce qu'il gagnait auparavant. Il ouvrit alors à son compte et à son domicile (Orangerie 15) le Bureau Technique A. Flohr. Cette activité prospéra vite, tous ses anciens clients, dont Radio-Genève, l'ayant suivi.

En 1966, une hémorragie cérébrale l'obligea à réapprendre à parler. Il suivit une rééducation pendant plusieurs mois. Remis sur pied, il reprit la direction de son bureau technique, jusqu'à sa maladie (tumeur au cerveau) en février 1976 et sa mort en mai de la même année.

On le voit, la Maison de la Radio a joué un grand rôle dans la vie professionnelle de mon père.

Pour nous, ses enfants, elle fut importante aussi. Nous accompagnions régulièrement notre père lors des contrôles réguliers des installations. C'était le plus souvent lors de jours de congé et nous étions impressionnés par les couloirs déserts, les locaux sombres et silencieux, dans lesquels nous savions qu'évoluaient, parlaient, jouaient ceux que nous entendions tous les jours à l'antenne.

Nous écoutions chaque jour la Radio. Les informations, la pièce policière du lundi, et d'autres émissions, de jeux par exemple. La radio faisait alors partie intégrante de notre vie, comme la télévision aujourd'hui.

Ces lieux si tranquilles, si mystérieux, dans lesquels nous savions que la vie était intense à certains moments, nous semblaient un peu comme ceux dans lesquels vivaient les jouets, les poupées, les marionnettes d'un conte de fée. Tous ces êtres inertes, sagement endormis le jour, se réveillaient quand la surveillance des humains se relâchait. Ils prenaient vie alors et menaient grand tapage toute la nuit.

Vanitas, vanitatis.......:

http://www.notrehistoire.ch/photo/view/35510/

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