Ma première paire de ski…militaire

Ma première paire de ski…militaire

Charly Arbellay
Charly Arbellay

J’ai reçu ma première paire de ski en 1956. J’avais 10 ans ! Ces skis en bois avaient une histoire. En 1946, mon père René Arbellay, instituteur, avait été affecté à l’école de Loye, village de montagne à 1000 mètres d’altitude au-dessus de Grône, sur la rive gauche du Valais. L’unique école, chauffée au bois, réunissait de 35 à 40 élèves des hameaux d’Itravers, Erdesson, Daillet, soit de 35 à 40 élèves. Mon père enseignait à toute cette ribambelle d’écoliers et d’écolières, de tous les degrés. En 1956, il y avait 19 garçons et 15 filles.

Ayant appris que l’armée allait se dessaisir de vieux équipements utilisés lors de la Mobilisation de 1939-1946, mon père écrivit une lettre au Département Militaire pour obtenir des vieux skis des troupes alpines:
« Ici les 40 gamins se divertissent en glissant sur la neige avec des vieux sacs en papier. Ils n’ont rien d’autre».

Touché par cette lettre, le DMF envoya un Unimog militaire chargé de 50 paires de ski de toutes dimensions et des bâtons munis de grosses rondelles. C’était incroyable, le Père Noël en gris-vert ! Ces skis étaient en frêne, avec fixation articulée ce qui facilitait la marche et les virages façon télémark. La pointe était assez relevée pour brasser la grosse neige vierge. Le samedi, les écoliers battaient la piste derrière l’école, et tout le village résonnait des cris d’enfants.

Photo :

de gauche à droite, mon frère Jean-Didier, ma sœur Marie-José et moi. Regardez les pantalons-golf façon Tintin. Au second plan, Chermignon et Crans-Montana enneigés.

notrehistoire.imgix.net/photos...

L’école de Loye 1956 – Un dimanche après la messe. Les garçons en costard….

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  • Renata Roveretto

    Cher monsieur Charly Arbellay,

    Quel joli trio ! Votre père à voir ces deux images avait un bon coup d'œil, et du coup je comprends mieux votre fin savoir et savoir-faire que j'apprécie tant.

    Et au fait, en pensant et en plongeant un peu dans mes souvenirs d'enfant, je me souviens très bien des sacs en papier de la commune destinés normalement à ne contenir que des déchets. Oui des sacs grands, longs et très robustes, parfaits pour glisser en bas des talus.

    Une fois descendue, poussée par la joie, je remontais à toute vitesse, et une fois fini de tourner en boucle, je reprenais mon sac bien aimé dans un état encore parfaitement réutilisable..

    Merci cher Charly et cher Pierre-Marie pour ce partage et oui quelle bonne idée pour les skis !

    Amitiés Renata

  • Charly-G. Arbellay

    Chère Renata: les sacs en papier provenaient du boulanger de Grône. A l'intérieur on sentait encore la farine. Parfois c'était du son. Heureusement, il y avait de la neige. Beaucoup de neige. Et souvent les écoliers et écolières s'arrêtaient sous la grosse couche de poudreuse. Ils étaient devenus des bonhommes de neige (Hélas il n'y a pas de féminin dans ce mot ). C'était une autre époque! Merci pour cet échange.