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Louis le bâtisseur

9 septembre 2019
Monique Aebischer-Crettol, réalisation Pierre-Marie Epiney
Pierre-Marie Epiney

Une vocation tardive

Originaire de Mollens, le père Louis Berclaz (1902-1983) a été ce qu’il convient d’appeler une vocation tardive puisqu’il n’a été ordonné prêtre que le 19 juillet 1931.

notrehistoire.imgix.net/photos...

Louis, le missionnaire bâtisseur

Peu après son ordination, en tant que père spiritain, il est allé en mission à Madagascar. Il y est resté 40 ans. A cette époque, les missionnaires ne pouvaient rentrer chez eux qu’une fois chaque dix ans, soit pour lui vers les années 1940. Il n’a malheureusement pas pu mettre ce projet à exécution à cause de la guerre. Louis a été bien malheureux de ne plus revoir vivant son père auquel il était très attaché (Antoine, son père, est décédé le 24 septembre 1941).

Ce n’est qu’après la guerre, en 1946, qu’il a pu revenir au pays, choyant sa famille, en particulier les enfants de Lucie et Raymond Crettol. Témoignage de Monique Aebischer-Crettol (qui a brossé le portrait de son oncle dans cette vidéo) :

Il était adorable avec nous. Il nous a beaucoup gâtés avec les moyens du bord, nous offrant un gramophone, des disques, une radio et nous montrant les belles images de son pays d’adoption. Nous lui avons demandé si nous pouvions l’aider et il nous a suggéré d’écrire une demande de soutien à Artistote Onassis. Nous l’avons fait mais ce fut malheureusement lettre morte…

Ses activités de bâtisseur ont eu pour cadre quatre lieux, dont Fénérive (aujourd’hui Fenoarivo) et Vavatenina, dans la province de Tamatave (aujourd’hui Toamasina). C’est là qu’aboutissait la ligne de train venant de la capitale Tananarive. Dans chaque mission, il a bâti une église, une école, un dispensaire.

Voici un extrait d’une lettre qu’il adressait à son frère Joe le 31 janvier 1959 :

… Ici, tout va normalement : j’ai bientôt terminé un grand orphelinat pour 100 pensionnaires. La prochaine fois, je t’en enverrai une photo. Pour aujourd’hui, voici un instantané d’un moment de détente au passage d’un confrère à qui j’ai fait don d’un chapeau de ma fabrication : la mode est lancée et on m’en demande à 100 km la ronde ; ça fait quelques ressources pour les orphelins qui les fabriquent à la main…

L’accueil de sa nièce

En septembre 1965, il a accueilli sa nièce Monique Aebischer-Crettol et son mari Ebo. Ils s’en souviennent :

C’était en septembre 1965. De Tananariva, nous avons pris le train pour Tamatave, où oncle Louis est venu avec sa solide voiture nous chercher pour nous amener dans sa mission située à 130 km. Nous sommes restés chez lui une dizaine de jours pendant lesquelles Ebo a fait du jardinage et de la pêche dans le petit lac tandis que j’ai passé mes journées derrière une machine à coudre, à aider une vingtaine de jeunes filles de la région venues pour une session de couture à l’école des Sœurs. J’ai adoré!
Ensuite, oncle Louis nous a fait visiter la contrée commençant par Fénérive où nous avons apprécié la belle église et l’école qu’il avait construites. Il a ensuite eu la gentillesse de partir avec nous pour le Haut Plateau et Tananarive afin de nous faire découvrir les beautés et les merveilles culinaires de la région. C’était génial.

L’expulsion de Madagascar

En 1975 a éclaté la révolution socialiste avec, à sa tête, Didier Ratsiraka. Les Européens étaient devenus indésirables. Comme il avait senti le vent tourner, Louis a quitté l’île qu’il avait tant aimée l’année précédente. Il a vécu les dernières années de sa vie à la Villa Notre-Dame (Montana) où il est décédé en 1983.

Pour conclure

Louis a réussi le double challenge d’apporter la foi chrétienne et du bien-être à ses amis malgaches.

Erratum :

L'église qui se trouve à 4'06 n'est pas celle de Vavatenina mais celle de Fénérive.

Portrait de son frère Joe :

Pierre-Marie Epiney
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