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Après le refus de Genève de participer au fonds d'aide pour les enfants placés en Suisse

11 mai 2014
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Les excuses des autorités fédérales et cantonales, notamment de Genève, dans cette page d'histoire sociale tragique des enfants placés en Suisse pourraient ne pas être suivies par la création d'un fonds d'aide d'urgence qu'il semble difficile de mettre en place. Le Conseil d'Etat genevois a en effet refusé fin mars 2014 de participer à ce fonds de 8 millions (dont 5 provenant des cantons) pour l'indemnisation des enfants placés abusivement avant 1981.

Les motifs évoqués par le conseiller d'Etat Mauro Poggia (MCG) relève de la situation des finances cantonales mais surtout de l'organisation de ce fonds, dont l'apport doit être garanti au prorata de la population. Or, Genève estime ne devoir payer que pour les cas recensés dans le canton.

Lors de l'inauguration au théâtre de Saint-Gervais, à Genève, de l'exposition itinéraire consacrée à l'enfance volée, le 6 mai 2013, le conseiller d'Etat Charles Beer (PS) avait présenté officiellement les excuses du gouvernement genevois. Claude Schaeppi, dont la mère avait été une enfant placée, avait pris la parole pour lire un texte qu'elle fut très heureuse de pouvoir aussi partager sur notrehistoire.ch.

Face au refus du gouvernement genevois, elle a adressé deux lettres à deux quotidiens. Une seule a été publiée. A sa demande, ses deux lettres sont présentés ici dans leur intégralité. (NH)

Première lettre. Enfants placés : Pourquoi Genève doit payer?

Parce que, Luc Recordon dixit : « il en va de la dignité d'un Etat de reconnaitre ses torts »... et il en va de sa légitimité aussi.

Il n'existe pas de statistiques sur les enfants placés. Les historiens qui ont travaillé sur ce sujet estiment que plus de 100'000 enfants ont été placé de 1920 à 1960. La pratique s'étant prolongée jusqu'en 1980... ça fait combien... beaucoup…

Il ne resterait aujourd'hui plus que 20'000 victimes environ à dédommager.

On mesure le bénéfice financier qu'aura réalisé la Suisse, dont Genève fait encore partie, après déduction de la somme destinée à alimenter le fonds d'aide d'urgence, frais qualifiés de dispendieux par Mauro Poggia, conseiller d'Etat. On peut émettre l'hypothèse que, même si Genève n'a rien à se reprocher, François Longchamp dixit , les bénéfices réalisés par les cantons voisins l'ont sans doute aussi « un peu arrangée financièrement ».

On peut aussi prendre la mesure de l'ampleur de ce travail forcé et gratuit et réaliser combien ces petites mains anonymes ont contribué à la prospérité de notre pays, cette prospérité dont nous sommes si fiers.

Les enfants placés réclament leur dû, et le marchandage politique qui s'annonce est indécent.

Seconde lettre

Il ne s'agit pas seulement de donner un pourboire pour des années d'esclavage, ou de verser une compensation forcément dérisoire en regard du préjudice subi et de la gravité de l'abus commis.

Il s'agit surtout de prendre en compte « l'effet retard » de cette maltraitance étatique.

Il s'agit de réaliser combien ces abus commis il y a déjà longtemps affectent encore le présent des survivants, non seulement blessés dans leur âme et dans leur corps, mais aussi meurtris par la discrimination sociale dont ils sont toujours victimes aujourd'hui.

Dans une société et dans un monde qui se définissent principalement par le pouvoir, où la mesure de ce pouvoir est l'argent,où l'on évalue la « réussite humaine » en fonction du pouvoir d'achat, ces enfants placés privés d'école, privés de formation ont été mis hors-jeu de notre système.

Ceux qui ont tout de même désespérément cherché à s'intégrer sont, pour la plupart, restés toute leur vie cette main-d'œuvre bon marché, vulnérable et corvéable à souhait.

Discriminés jusqu'au bout, à l'âge de toucher leur maigre retraite, ils « font encore les frais » de l'injustice dont ils ont été jadis l'objet.

Genève siège mondial de la Croix-Rouge ne paiera pas !

Aurait-elle oublié ses Dunant, Chavanne , Piaget… et tout ce qui nous humanise et nous élève?

Allons ! un peu de mémoire… un peu d'honnêteté, un peu de courage !

Une occasion de prendre nos responsabilités nous est offerte. Saisissons la, cette fois !

Claude Schaeppi-Borgeaud Voir le groupe sur l'enfance volée en Suisse
Voir le groupe sur le placement des mineurs à Genève (1890 - 1960)

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