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Hôtel et Café des Alpes Repérage

1 décembre 2002
Place de la Poste 1, 3961 Vissoie, Suisse
© Collection Paul-André Florey
Paul-André Florey

Bref historique de l'Hôtel et Café des Alpes à Vissoie

de 1885 à 2002

Dans la recherche du passé de Vissoie, on doit avant tout se baser sur des témoignages oraux. Il en fut de même pour essayer d'écrire l'histoire de l'Hôtel et Café des Alpes. Cet établissement a toujours joué un rôle important dans la vie sociale du village et son histoire mérite d'être connue.

La date de sa construction peut être fixée vers 1885, certainement après l'hôtel d'Anniviers qui a été bâti en 1876 et ouvert en 1878. Les madriers de l'ancienne Poste de Vissoie, sur la place de la Tour, que l'on appelait au début du siècle passé la « maison des mines », provenaient d'un chalet situé à l'endroit où a été érigé l'hôtel des Alpes. Si l'on tient compte de l'inscription sur la poutre du plafond de la chambre principale, cette maison date de 1890. Elle a été construite par Jean Tabin (1861-1940) et son épouse Marie Epiney (1865-1921), fille des premiers hôteliers de Zinal, Baptiste (1817-1881) et Julienne (1840-1911) Epiney-Antille. Jean était cuisinier chez eux à Zinal. Par conséquent les « Alpes », comme l'on désigne couramment cet établissement, ont été construits en tout cas avant 1890.

Ce serait Baptiste Rouvinez, de Grimentz, et un dénommé Roduit, du Bas-Valais, qui auraient bâti l'Hôtel et Café des Alpes. Il n'y avait dans un premier temps que quatre niveaux : le sous-sol, le rez-de-chaussée et deux étages. Baptiste Rouvinez a-t-il d'abord exploité lui-même ce commerce? Nous ne le savons pas. Ce qui est certain, à la fin du 19ème siècle, c'est son beau-fils, Basile Vocat (1863-1959), époux de Victoire Rouvinez, fille de Baptiste, qui l'exploita. Durant cette période le bâtiment a été rehaussé d'un étage.

Un document épistolaire en fait mention. C'est une lettre écrite en 1895, par laquelle Basile Vocat informe sa clientèle qu'il a agrandi son établissement en le rehaussant d'un étage. Cette réalisation le plongea d'ailleurs dans des ennuis financiers.

Baptiste Rouvinez était également le père de Joseph qui fut le premier boulanger à Vissoie avant Benjamin et Pierre Epiney (1887-1968).

© Photo partagée par Maurice Max Grun

Par la suite, plusieurs propriétaires se sont succédés durant des périodes plus ou moins longues.

Après Basile Vocat il eut probablement Jean Antille, à la fin du 19ème siècle début du 20ème, puis Jean Genoud, père de quatre filles, dont Marie (épouse du gendarme Érasme Bridy), Sydonie, Innocente et Marceline.

Dionyse (1) Rouvinet, fils de Jean-Baptiste (sénior) et époux de Sydonie, reprit vers 1907 de son beau-père, Jean Genoud, l'hôtel des Alpes qu'il remit un ou deux ans plus tard à son frère Jean-Baptiste, ayant lui aussi connu des déboires financiers.

Par la suite, c'est Jérémie Massy de St-Jean et sa femme Françoise (née Vocat), sœur de la femme de Jean-Baptiste (1) Rouvinet (junior), qui exploitèrent l'établissement.

Vers 1920 Henri Florey (1867-1937) et son épouse Louise (née Zwissig, 1875-1925) reprirent les « Alpes », jusqu'au décès de Louise en 1925. Nous interrompons provisoirement ici la liste des tenanciers de l'Hôtel et Café des Alpes pour citer une curieuse information extraite du « copie-de-lettres » de la société des Mines du Val d'Anniviers.

C'est un document écrit, datant du début de l'année 1901. Il fait apparaître que le propriétaire de l'hôtel des Alpes offre l'établissement à la Société des Mines du Val d'Anniviers pour le prix de 30'000 francs avec mobilier ou 22'000 francs sans mobilier. Le marché n'a pas lieu « …car c'est une maison très obscure qui ne saurait faire pour logement, ni bureau, de plus les propositions sont trop élevées. » (sic) C'est ainsi que le directeur des Mines, Gustave Roussel, séjournant à Vissoie, motive le rejet de l'offre.En continuant la liste des propriétaires des « Alpes » nous trouvons dans l'ordre chronologique les noms suivants :

De 1925 à 1929, les époux Edouard (1901-1985) et Martine (1895-1980) Florey-Perruchoud et Charles (1904-1979) et Cécile (1905-1990) Florey-Perruchoud ; dès 1929 ces derniers quittent Vissoie pour aller s'établir à Sierre. Alors que les premiers continuent l'exploitation de l'établissement jusqu'au printemps 1934.

Du printemps 1934 à la fin de l'année 1943 ce sont les époux Jules et Marguerite Clivaz-Khon qui tiennent l'Hôtel et Café des Alpes.

Dès la fin de l'année 1943 jusqu'en 1954 nous trouvons les époux Edouard (1907-1974) et Hélène (1901-1955) Cotter-Clivaz et Gustave (1905-1987) et Théotiste (1908-2008) Clivaz-Cotter. Ces derniers, tout en restant copropriétaires, se retirent du commerce en 1954 et Edouard Cotter, après le décès de son épouse Hélène en 1955, l'exploite seul à son compte.

Dès novembre 1970, ce sont Serge et Renée Abbé-Clivaz qui reprennent le Café-Restaurant des Alpes, toutefois en renonçant à l'exploitation comme hôtel. Ainsi le commerce reste dans la famille, puisque Renée est la fille de Gustave et Théotiste Clivaz-Cotter.

Donc depuis 1934, et jusqu'à ce jour (décembre 2002), la famille Clivaz participe à la bonne marche des « Alpes ». Hélène, Jules et Gustave étaient des enfants d'Alexandre (1873-1944) et Philomène (1880-1956) Clivaz-Mabillard. Théotiste et Edouard Cotter étaient ceux de Joseph (1865-1952) et Françoise (1878-1968) Cotter-Monnier.

Le Café des Alpes est le dernier « survivant » parmi les débits de boissons qui ont vu le jour entre 1878 et 1904 à Vissoie. Tous les autres ont interrompu leur exploitation au cours des ans. Le Café Suisse déjà vers 1915, l'ancien Café-Hôtel d'Anniviers 1985 et le Café de l'Avenue en 1990. Certes au cours des décennies, il a subit des transformations, quelques changements et surtout des améliorations mais le noyau de l'établissement d'antan n'a pas beaucoup changé. Il mérite aujourd'hui d'être considéré comme bâtiment historique de Vissoie.

Dübendorf et Vissoie, décembre 2002 Paul-André Florey, fils d'Edouard

© Document, Collection Michel Savioz

(1) L'Orthographe du nom de la famille Rouvinet établie à Vissoie a été modifiée lors de la séparation de la commune de Vissoie de celles d'Ayer et Grimentz en 1904

Sources d'informations : - Interviews Edouard Florey 1980, Philibert Crettaz 1997, archives sonores PAF no 71P, 72P, 74P, 75P et 150F

- Renseignements fournis par : Théotiste Clivaz-Cotter et ses filles Liliane Crettaz-Clivaz et Renée Abbé-Clivaz, Suzanne Ludy-Florey fille d'Edouard Florey

- « Copie-de-lettres » établi par Gustave Roussel, ingénieur des Mines du Val d'Anniviers. Duplicata de la correspondance du 4 février au 30 mars 1901. Document en possession de Philibert Crettaz

- « Le passé du Val d'Anniviers » du Dr Erasme Zufferey, tome I, texte sous photo de la préface.

© Document, Collection Michel Savioz

Copyrigth Paul-André Florey Vissoie et Dübendorf. Utilisation des informations seulement avec mention de la source

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