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Les tresseuses de paille dans la vallée de Gruyère Repérage

1 juillet 1888
Sylvie Bazzanella

Malgré les intempéries de cet été, les dames font aux chapeaux de paille, enrubannés ou fleuris, les honneurs de la saison : chapeaux hauts, chapeaux à bords plats, chapeaux bergère, etc..., se disputent les formes de la mode. Certaines gens très au courant des modes parisiennes pourraient, rien qu'au coup d'oeil, mettre un nom d'auteur sur certains des chapeaux qui attirent l'attention. Mais personne ne songe aux modestes tresseuses de paille du pays des Armaillis représentées sur notre gravure et qui ont les premières, préparé les matériaux, parachevés par les doigts de fée de nos modistes en renom.

Gravure par Frédéric de Haenen

Nous n'avons pas à refaire le tableau si souvent fait déjà du peuple des Armaillis, ces robustes vachers de Fribourg et de toute la région des pâturages alpestres et jurassiques. C'est dans ce milieu pittoresque que s'est développée cette nouvelle industrie, qui occupe journellement des milliers de femmes, le tressage de la paille. C'est là surtout le travail de l'hiver. Mais c'est, quelquefois, le labeur de toute l'année. Aussi les femmes de cette région y acquièrent-elles bientôt une extraordinaire dextérité, qui, du reste, ne leur permet en aucun cas de gagner plus de soixante centimes par jour. Les fétus de paille sont fournis par les manufactures de chapeaux elles-mêmes, et livrés en boîte, coupés à la même longueur. Transformés, par ces femmes, en «pièces»de tresse de vingt mètres, chacune de ces «pièces» leur est payée quatre-vingt centimes.Comme le représente notre gravure, on se réunit en famille pour se livrer à cette industrie. Les mains des ouvrières doivent être constamment humectées, ce qui explique la présence du récipient plein d'eau où l'une des femmes trempe ses doigts. Ce travail d'ailleurs n'est ni très pénible, ni très difficile; les enfants même peuvent le faire. Il est seulement nécessaire pour en tirer le minime salaire que nous indiquions, de le faire rapidement.

Tiré de L'Illutration*.* No 2368*,* juillet 1888.

Collection personnelle.

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