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Carte de deuil

Carte de deuil

9 février 1923
imprimerie E. Schoechli, Sierre; album de Georgette Gasser
Pierre Gasser

Après un décès, on imprimait volontiers une carte de deuil à insérer dans le Missel qu'on emportait avec soi à la messe. Cela permettait de faire mémoire des disparus et de prier pour eux.

Ici, il s'agit de Charles Amoos décédé à Mollens le 9 février 1923 dans sa 41ème année.

Comme pour cette autre document, la photo a été collée sur la carte de deuil :

notrehistoire.imgix.net/photos...

Voir aussi ce document :

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  • Claudio Abächerli

    En effet, les petites photos, obtenues par contact direct du négatif (pas d’agrandissement !), étaient découpées avec un outil spécial (sorte de poinçon) avec un coup de marteau par le photographe, puis collées sur la carte préparée per l’imprimerie. J’en sais quelque chose parce que mon grand-père, qui était photographe et avait aussi une imprimerie, en faisait déjà au début du siècle dernier. Plus tard, toute la carte était faite sur du papier photographique, permettant d’avoir des photos plus grandes. L’imprimerie fournissait le texte imprimé au photographe, le tout était photographié et copié sur le papier photo. Là c’était mon père le spécialiste et il en a fourni des milliers à ses clients qui étaient des imprimeries surtout en Suisse Romande (Fribourg, Bulle…). Quand il y avait des commandes importantes et urgentes (« il nous en faut 500 dans 3 jours… » on travaillait le soir aussi, et moi j’aidais parfois avec le découpage. Anciennes mémoires qui reviennent….

    • Pierre-Marie Epiney

      Merci pour vos précisions tout à fait éclairantes, cher monsieur. Avez-vous une idée du nombre de cartes de deuil commandées par les familles et savez-vous comment leur distribution était organisée (de la main à la main, par poste...) ?

    • Claudio Abächerli

      Pour ce qui regarde le nombre, je me base sur mes souvenirs quand j’aidais mon père dans son atelier photographique à Lugano, donc je parle des années 50-60. Les petites commandes étaient de 80-100 pièces, très rarement en dessous. Pour les personnages plus importants dans la vie de la région on arrivait à 500 et plus. Mais je pense qu’en moyenne on en préparait entre 100 et 200. Le problème majeur c’était que souvent on n’avait pas de bonnes photos de la personne décédée et il fallait retoucher à la main l’image: enlever les autres personnages si c’était une photo de groupe, ou l’impression du tampon si c’était une photo passeport… Comme dit, ses clients étaient les imprimeries et non pas les familles en deuil. Il s’agissait surtout d’imprimeries dans la Suisse Romande catholique, en premier lieu le canton de Fribourg (Fribourg, Guin, Bulle, là je me rappelle le nom de l’imprimerie: Glasson), mais je ne me rappelle pas de commandes pour le Valais. Donc je ne sais pas comment la distribution était organisée. Je sais que souvent c’était très urgent ce qui me fait supçonner qu’elles étaient distribuées en une occasion particulière (S. Messe du 7ème, du 30ème ?). En tout cas du côté Suisse Alémanique on envoyait aussi ces images de la personne décédée par poste, avec la lettre de remerciement. Je n’ai pas de données pour l’atelier de mon grand-père, décédé en 1929, mais la photographie c’était assez cher, donc je pense qu’on en faisait moins. Un autre aspect de la photographie… mortuaire c’était la photo sur céramique pour mettre sur la tombe. Là mon grand-père a été un pionnier en Suisse et au début du siècle dernier était je crois le seul en Suisse qui maitrisait cette technique. Il a même écrit une brochure qui décrivait la technique en détail. Une copie se trouve dans le musée de l’appareil photographique à Vevey.

    • Pierre-Marie Epiney

      Précieuses informations en particulier au sujet de la photographie en céramique sur la pierre tombale ! Au sujet de ce document : notrehistoire.ch/entries/7gBZy... savez-vous me dire si la retouche photographique (dans ce cas précis remplacer le visage de quelqu'un par une autre personne décédée) était exceptionnelle ou le photographe faisait facilement du "Photoshop" avant l'heure ?

    • Claudio Abächerli

      Le Photoshop „ante litteram“ n’était pas exceptionnel, mais il n’était pas du tout facile, et il fallait être un peu artiste pour y réussir. Exceptionnel c'est le cas de la photo mentionnée ci-dessus : je n’ai jamais vu un cas où l’on a ajouté une personne (en plus décédée) à une photo de groupe. Ici le procédé est clair : agrandir l’une des deux photos pour avoir les personnages à la bonne échelle, découper le visage de la dame et le coller sur la photo de groupe, en faire une « reproduction » c.à.d. prendre une photo de la photo et retoucher à la main le bord du découpage, qui se verrait sur l’image finale. Ici on n’a pas retouché très bien, et on voit assez clairement le profil découpé. En plus les ombres trahissent le collage: la photo du groupe a été prise à l’ombre, tandis que le visage de madame est illuminé par le soleil du coté gauche avec une ombre marquée sur la droite du visage.

      Assez commun par contre, justement pour préparer des cartes de deuil, était le procédé contraire : extraire une personne d’une photo de groupe, p.ex. le monsieur sur votre image. Mais on ne faisait pas de découpage de la photo, car le résultat était médiocre. Le procédé (au moins comme pratiqué par mon père) était le suivant :

      1. Reproduction de l’original, pour ne pas l’endommager (avec une gigantesque caméra à soufflet d’une longueur focale de plus d’un mètre).
      2. On recouvrait la photo d’une pellicule très fine semi-transparente et semi-adhesive de couleur verte et on découpait au bistouri le profil de la personne en question : visage et partie de la poitrine pour en faire un portrait classique.
      3. On enlevait cette pellicule de son support et on la plaçait avec des pincettes très fines précisément sur le visage/corps de la personne, qui était ainsi «masquée ». Photoshop emploie aussi des 'masques' mais électroniques.
      4. Le masquage effectué, avec l’aérographe on recouvrait la photo d’une couche gris-neutre (c’était du gouache dilué avec l’eau je crois). Après séchage on enlevait la pellicule et on avait notre personne sur un fond gris uniforme, donc « seule ».
      5. Souvent il y avait des petites retouches à faire à la main (classique : enlever la fleur du revers de la personne si c’était une photo prise à une fête de noces) soit sur le positif, soit -après une nouvelle reproduction- sur le négatif, au pinceau très fin ou au crayon spécial.
      6. Maintenait il fallait ajouter le texte imprimé (fourni par l’imprimerie et photographié sur film pour l’avoir en négatif lui aussi) au bon endroit. On avait ainsi la matrice en négatif pour tirer les copies des cartes de deuil.
        Assez compliqué et assez long, mais ça fonctionnait...
Pierre-Marie Epiney
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22 juillet 2020
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