Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.

"L'amour" relatif de la Suisse pour les tours

25 juin 2020
Lausanne
Robert Walker
Robert Walker

Pendant 10 ans, les architectes suisses dessinaient des projets d‘immeubles-tour jusqu’à ce que le premier fût construit en 1932 à Lausanne. A côté des problèmes de construction et d’esthétique se posait la question: comment intégrer un immeuble-tour dans un contexte urbain? Cette question reste plus que jamais d’actualité. (Texte par Robert Walker)

Coup d’œil à l'étranger

La Suisse n'est très certainement pas le berceau de l'immeuble-tour. Les regards se portent en l'occurrence vers l'Amérique. Inspiration suscitée par la Chicago School, c'est à New York surtout que l'on a édifié des bâtiments de plus en plus hauts au début du 20e siècle. Avec 20 étages, le « Flatiron- Building » réalisé en 1902 s'est rapidement trouvé dans l'ombre de gratte-ciel beaucoup plus élevés.

En Europe, l'intérêt pour l'immeuble-tour s'est manifesté aux environs de 1910 à travers des fantaisies architecturales. En 1909 Bruno Schmitz a dépose un projet d’une tour circulaire à la Potsdamerplatz dans le contexte d'un concours pour le Grand-Berlin. En 1910, l'urbaniste français Eugène Hénard a redessiné Paris avec de nombreuses tours en parlant à cette occasion de la ville du futur. Toutes ces visions sont restées sur le papier.

En Allemagne, on a certes réalisé quelques tours pendant la première guerre mondiale, mais c'est après la guerre seulement que les choses ont véritablement démarré.

Les projets précurseurs en Suisse

En Suisse, entre 1915 et 1928, les étudiants en architecture de l'EPF de Zurich ont eu la chance de trouver en la personne de Karl Moser un professeur qui n'était pas fermé aux tendances nouvelles. En 1925, l'étudiant Alexis Letta proposait une tour latérale dans son projet de diplôme pour la gare de Cornavin.

En même temps des projets des tours apparaissent lors des concours, par exemple pour l’aménagement de la place de la gare à Bienne, dans lequel Alphonse Laverrière de Lausanne a remporte le premier prix avec un projet contenant deux tours d'angle.

Une tour comme emblème d’une institution fut proposé par des nombreux participant lors du concours pour le Palais des Nations en 1927.

Les têtes des ponts et des tours d’angle comme bornes urbaines étaient aussi des situations favorables pour proposer des tours. Rares sont les idées avec des immeubles-tours en série.

Les projets conçus par Maurice Braillard pour Genève montrent à quel point des tours peuvent se mettre au service d'idées urbanistiques. Elles peuvent accentuer un axe urbain ou accentuer un front donnant sur un plan d’eau.

Les premiers immeubles-tours réalisés

Avant de construire les premiers véritables immeubles-tours, en Suisse on tournait autour du problème avec des bâtiments de 9 étages. A la Aeschenplatz à Bâle, les frères Ernst et Paul Vischer ont réalisé, en 1929/30, un immeuble administratif avec tour pour la Bâloise, Compagnie d'Assurances sur la Vie. Ils ont encore couronné la tour d'angle carrée de 8 étages d'une lanterne. A Winterthur, Lebrecht Völki a réalisé pour la Winterthur-Assurances, en 1929-31, un immeuble administratif avec tour. On reconnaît le modèle de la gare de Stuttgart. A Bienne, Eduard Lanz a pu réaliser la Maison du Peuple en 1929-32.

La cage d'escalier latérale confère à la façade un accent vertical dynamique. Au même moment, les architectes fribourgeois Dénervaud et Schaller réalisaient une tour d'habitation de 10 étages dans une cour d'un ensemble sans que celle-ci apparaisse néanmoins comme un immeuble-tour dans l'image générale de la ville. Tous ces bâtiments sont certes des bâtiments de grande hauteur, mais ils ne sont toutefois pas assez hauts pour être considérés comme des immeubles-tours par référence à une échelle internationale.

Seul la tour Bel-Air-Métropole* de Lausanne soutient la comparaison et peut donc être qualifié de premier « gratte-ciel » de Suisse. Il a été réalisé sous la direction d'Alphonse Laverrière. Les premières études remontent jusqu'à 1929. Les travaux ont débuté en mars 1931 pour s'achever en juillet 1932. La partie centrale du bâtiment symétrique fait le lien entre la Place Bel-Air et le Grand Pont avec 16 étages en hauteur. L'ossature en acier du bâtiment était revêtue de pierre, comme cela était depuis longtemps déjà usuel en Amérique.

Différentes expériences réalisées ultérieurement dans d'autres villes suisses avec des immeubles-tours paraissent presque risibles. Avec ses 10 étages, la tour de l'administration cantonale réalisée par les frères Pfister en 1933-35 est balourde et quasiment caricaturale avec son toit en pavillon.

notreHistoire
2 juillet 2020

A Genève, la Tour de Rive, réalisée en 1934-38 par l'Atelier d'architectes (Vincent, Schwertz, Lesemann, Saugey) peut par contre être considérée comme la première version moderne d'un immeuble-tour en Suisse. Les larges fenêtres, les loges d'angle ouvertes et la rive de détaché trahissent enfin une architecture d'inspiration moderne que la tour Bel-Air-Métropole cache encore derrière un manteau de pierre d'allure classiciste.

Pour lire le texte de Robert Walker, allez ici.

*Consultez les documents relatifs au Projet Bel Air, façade & à la Tour Bel Air en construction.

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
notreHistoire
601 contributions
30 juin 2020
457 vues
1 like
0 favori
2 commentaires
1 galerie
Le Lab
notreHistoire.ch vu à travers des jeux et des expériences singulières !
Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
101,398
5,906
© 2020 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.