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Repérage
Le Parisien qui a présidé Grône

Le Parisien qui a présidé Grône

8 février 1801
Charly-G. Arbellay
Pierre-Marie Epiney

Regard sur l'histoire locale

VALAIS

Le Parisien qui a présidé la commune de Grône

Par Charly-G. Arbellay

Voici une page peu connue du village et commune de Grône, district de Sierre. Au 19e siècle, Grône était présidée par un Français. Son nom: Anne Louis Tousard d'Olbec, né à Paris le 21 octobre 1757, à la rue du Sentier, paroisse de Saint-Eustache (Anne est un prénom mixte mais généralement féminin). Il est le fils de Charles-Germain et de Françoise-Antoinette de Poittevin de la Croix. Ce noble avait également le titre de chevalier. Homme de lettres, il écrivait avec une aisance toute particulière. Il perd sa fortune lors de la révolution française et s'installe alors à St-Maurice (VS). A 32 ans, son cœur est déjà un peu valaisan. En effet, Louis Tousard épouse en février 1789 à St-Maurice une citoyenne originaire de Vouvry, Marie-Elisabeth-Marguerite de Ducé, fille de Marie-Catherine et d'Eugène de Nucé-Marclay, veuve du comte Victor-Claude-Antoine de Robert de Paradès. C'est donc avec enthousiasme qu'il met ses dons d'écriture et son esprit vivace au service du Valais.

Marguerite de Nucé, son épouse

Un grand patriote ou agent double

Le 4 mars 1801, il rédige un mémoire discret établissant l'importance pour la Suisse de s'adjoindre le Valais, d'en faire un futur canton et surtout de ne pas le laisser annexer à la France impérialiste. Ce mémoire est envoyé au gouvernement helvétique par le préfet national Charles-Emmanuel de Rivaz. Très attaché aux Valaisans et à leurs coutumes, il vit assez mal cette période de l'occupation française. Louis Tousard ne supporte pas le despotique général Turreau alors qu'il est directeur des contributions du Valais. Celui-ci le lui rend bien. Turreau l'arrête et le destitue de sa fonction. Aujourd'hui on dirait de Tousard qu'il était peut-être un agent double car, citoyen français, il complotait contre son pays et soutenait le Valais, son canton d'adoption. Etait-ce son épouse valaisanne qui avait une forte influence sur lui ?

Louis Tousard va jouer un rôle important dans l'histoire du Valais. Il sera secrétaire d'Etat et receveur de la passagère République du Valais.

Naturalisé et maire de Grône

Le 8 février 1801, il est reçu communier (bourgeois) de Grône. Il devient maire de cette commune de 1806 à 1808, conseiller et secrétaire en 1809, secrétaire d'Etat en 1810. C'est sous sa présidence que l'école de Grône est fondée. Il habite à la rue du Grand-Pont à Sion dans la maison dite de la Résidence. Son épouse Marie-Elisabeth tenait dans cette ville un commerce de tissus et de confection.

château Morestel, lieu de la présidence

Napoléon 1er annexe le Valais (1810-1815). Malgré son passé de rebelle, Louis Tousard d'Olbec est nommé directeur des finances du Département du Simplon, député à la Diète du Valais indépendant et représente le district de Sierre puis directeur des Contributions (1810-1813). Mais le vent de l'indépendance commence à souffler sur le Valais. Louis Tousard démissionne et quitte le canton. De 1814 à 1827, il demeure en France où le régime politique a changé. Il revient à St-Maurice où il décède en le 23 juillet 1840. Il est enterré avec son épouse dans le vieux cimetière de l'église paroissiale Saint-Sigismond où une stèle existe toujours. Il avait deux fils: Anne-Louis et Anne-Maurice, ainsi que deux filles: Anne-Louise et Anne-Catherine. Tousard aurait voulu offrir la naturalisation pour ses enfants. Cependant, les bourgeois de Grône, ingrats, déclaraient que Louis Tousard étant redevenu Français sa naturalisation précédente n'était plus valable !

Joseph de Preux, ancien président de Grône, a eu l'élégance d'intégrer l'histoire de cet illustre président sur le site officiel de la commune. Les historiens apprécient ce geste. [voir cette source]

Pierre tombale du président au cimetière

de l'église St-Sigismond à St-Maurice.

Bibliographie

  • Les notes quotidiennes de P.-J. de Riedmatten et de L. Tousard d'Olbec sur les préliminaires à la constitution de 1802 -
  • Michel Salamin, Vallesia 1962.
  • Grône, un passé à découvrir, René Arbellay 1995.
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