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La LCR en 1958

10 juin 1958
Pully
Daniel Rupp

La loi sur la circulation routière en 1958

Le 10 juin 1958 à New-York la Conférence des Nations Unies a élaboré et ouvert à la signature la Convention sur l'arbitrage commercial international.

Le 10 juin 1958 à Pully, j’ai contrevenu involontairement à la loi sur la circulation routière.

Curieusement, la Feuille d’Avis du 11 juin 1958, ne relate aucune information sur la Convention pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères discutées à New York, mais informe les lecteurs à la page 15 que, la veille à midi, je fus renversé par un vélo en haut de l’avenue du Tirage à Pully. Je ne suis pas expert en relations internationales, aussi ne me prononcerais-je pas sur l’importance des travaux de l’ONU qui concerne pourtant à peu près toute la planète. Quant à l’accident de circulation, quoique d’une portée limitée, je peux en dire bien des choses, en somme. Par exemple, tenez :

Aujourd’hui, en 2020, lorsque je m’approche d’un passage piéton, les automobilistes ralentissent et s’arrêtent en me faisant aimablement signe de traverser. Je salue tout aussi aimablement et la relation est, disons, tellement cordiale, que nous pourrions aller boire un verre ensemble sur la terrasse la plus proche, s’il n’y avait pas un problème de parcage. Il m’arrive parfois d’être gêné d’interrompre le trafic, alors que je suis en train de réfléchir à mon trajet à proximité d’un passage piéton. Si le comportement de l’automobiliste standard n’est pas toujours au plus près de la bonne conduite, aux abords de ces zones rayées de jaune, il est incroyablement fair-play.

Le 10 juin 1958, à midi dix, je rentre de l’école avec ma maman. J’ai neuf ans. Ce jour-là, il y a une pluie fine hésitante. Je m’en rappelle parfaitement. Nous rejoignons d’autres mamans et enfants en haut de l’avenue du Tirage. Ils attendent au bord du trottoir que les quelques voitures laissent le champ libre pour traverser. Il n’est pas prévu que les automobilistes s’arrêtent pour une bande d’enfants accompagnés de leur maman. Il est fort probable qu’alors, la loi ne prévoit pas une disposition spéciale pour protéger les piétons. Cependant, les passages piétons existent quand même et s’ennuient de voir passer du monde et n’avoir pas vraiment de rôle à jouer. À l’origine, les passages piétons n’étaient interprétés que comme un marquage (Fiche info TCS 2010/2011).La dernière voiture s’éloigne, et ma maman me dit : « c’est bon, tu peux traverser ». Très obéissant, je m’élance, alors qu’un cycliste masqué par les voisins à notre gauche se plante sur moi. Un looping plus tard, le malheureux cycliste heurte lourdement le sol, mais sans grands dommages. Le journaliste signale que le pauvre « Monsieur Gilland Albert, domicilié à Lutry, a été conduit par un automobiliste complaisant à la clinique de Longeraie ». Ma maman me prend dans ses bras, m’amène à la maison, toute proche et me met au lit. Elle avoue sa culpabilité à la police. Le journaliste écrit : « la maman, qui surveillait l’enfant et lui avait dit de traverser, n’avait malheureusement pas vu le cycliste ». À la suite de cette rencontre percutante, il n’était pas question de prendre un apéro sur la terrasse de l’Hôtel Montiller toute proche, même si à cette époque il n’y avait pas vraiment de problèmes de parcage.

Le médecin de famille en tournée me rend visite, à la maison. Il dépose sa grosse mallette en cuir à côté du lit, m’ausculte, tâte les ganglions, tapote la poitrine, le dos, appuie sur la langue, abaisse le bord de l’œil, enfonce la main sur le ventre. Cela fait mal partout, alors il demande où cela ne fait pas mal. Il sort son calepin, prend des notes mystérieuses, se lève, sort de ma chambre et convoque ma mère. Il ordonne pommades, crèmes anti-inflammatoires. Sa visite laissera une trace durable. Il faut préciser qu’en 1958, le médecin fait autorité, comme le curé ou l’instituteur. Il recommande une circoncision. Une recommandation du docteur est un ordre de marche. Il faudra subir une intervention fort inconfortable. On allait me raccourcir le zizi.

À l’histoire biblique, on nous avait dit que Dieu avait permis à des milliers de gens de traverser la mer rouge à pied sans problème. Pourquoi Dieu n’avait-il pas aidé ma maman à traverser l’avenue de Lavaux ? C’est beaucoup moins large !

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Daniel Rupp
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17 juin 2020
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