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Les prairies de foin sauvage du Vallon de Nant

17 septembre 2023
Philippe Chappuis

Ce texte sur la récolte du foin sauvage est né d’une magnifique balade automnale au vallon de Nant avec l’intention d’aller admirer la splendide Dent Rouge par derrière le col des Pauvres.

La montée depuis Pont-de-Nant est d’abord très austère, à l’ombre en cette saison, et la succession des châbles en rive droite de l’Avançon est impressionnante de par le chaos des masses rocheuses accumulées, dévalées des contreforts du Muveran,

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mais l’arrivée à la vaste esplanade de l’alpage de Nant n’en est que plus douce avec le premier soleil sur la Pointe des Savolaires et la Pointe des Perris Blancs.

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L’ambiance au chalet était animée autour de l’amodiateur et ses visiteurs. Encore quelques têtes de bétail léchant avec délice le sel déposé le matin sur des pierres plates.

En s’élevant en direction du vallon du Nant des Têtes, en me retournant, j’ai été vraiment frappé, séduit par l’apparition, au-dessus du chalet de Nant, de la Tsabou, prairie maigre dans une lumière douce, surface oblique et pentue, bordée de falaises vertigineuses, venant butter contre la Tour, sous la pyramide calcaire du Grand Muveran

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En regardant la carte Siegfried de 1880, je vois qu’un sentier est marqué, remontant la Tsabou, contournant la Tour et rejoignant, à la Truche du Liapey, l’autre sentier partant de la Larze et rmontant à la Frête de la Saille. Ancien passage sans doute ?

En poursuivant la montée, à hauteur du Perri Rouge et après avoir traversé le torrent des Martinets à distance de sa cascade, on voit apparaître d’autres prairies aussi escarpées que celle de la Tsabou, en aval celles du Petit Foyi et de l’alpage de la Larze, et en amont celle de l’Ortière au-dessus du chalet de Nant. Ces prairies difficiles d’accès étaient-elles donc exploitées ?

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C’est en parcourant le petit livre de Eugène Rambert (1830-1886), à la charmante couverture rehaussée d’un bois figurant le temple de Bex par Gustave Roux (1828-1885), Bex et ses environs, paru en 1871 à Lausanne au Bureau de la Bibliothèque Universelle,

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que j’ai compris que ces prairies, en effet inaccessibles au pacage, ont été fauchées par les paysans qui trouvaient là une source bienvenue de fourrage pour l’hiver.

Voilà ce que nous conte Eugène Rambert, à la page 181:

« Nul ne regrettera le temps qu'il aura perdu à flâner dans cette gracieuse prairie, en poussant quelques pointes jusque dans la forêt, ou au pied des grands rochers perpendiculaires.

La fête sera complète si on a la chance de s'y trouver au moment où les montagnards jettent leur foin du haut des parois qui dominent la pelouse. Ils ont, tout là-haut, des pâturages, qu'ils fauchent soigneusement, mais dont le foin pourrirait sur place ou ne pourrait être transporté qu'à grands frais, sans le précipice qui lui ouvre vers la plaine une route d'un genre nouveau. Ils l'y jettent par grandes masses ; mais malheur à eux s'ils ne choisissent pas bien leur moment !

Pour peu que le vent souffle d'en bas, il l'enlève, l'éparpille fétu par fétu, et le pauvre faucheur n'en retrouve plus de quoi faire un repas à la plus sobre des chèvres de son étable. Même quand le vent est propice, il en reste des bottes énormes accrochées aux saillies des rochers, et c'est un spectacle vraiment digne d'intérêt que celui des efforts que font les montagnards pour les disputer à l'abîme. Une corniche gazonnée, sur certains points, assez large, sur d'autres, très étroite, s'engage dans la paroi, qu'elle traverse obliquement dans toute la largeur de sa haute façade. C'est le sentier des faucheurs, sentier vertigineux, où on les voit monter et descendre, armés de fourches, pour rejeter le foin qui s'est perdu dans les excavations du rocher. Ceux qui voudront se faire une juste idée de ce qu'est ce travail, n'ont qu'à essayer une promenade par cette longue corniche ; qu'ils aillent seulement jusqu’au premier ou au second des couloirs qui la coupent de haut en bas. Inutile de leur recommander bon pied et bonne tête ; ils verront bientôt de quoi il retourne »

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Bois de Gustave Roux, le Pont de Nant, in Bex et ses environs E. Rambert

Datant de la seconde moitié du XIXe s., cette description, admirative, de Rambert s’inscrit bien dans la célébration de la nature et de l’homme de la montagne, c’est bien ici l’image mythique du paysan, du faucheur, courageux, bravant le danger au péril de sa vie, relevant, avec l’aide de Dieu et avec toute sa force, le défi de sa condition de précarité et de pauvreté.

Ce texte évoquait une activité indispensable, depuis des siècles, à la survie économique des populations alpines, la récolte du foin sauvage. Il donnait vie à mes trop « belles » images de ce jour d’automne 2023 et les replaçait dans une autre réalité, parfois oubliée.

J’ai bien sûr cherché des traces de cette pratique en Valais, au XIX et au XXème siècle. Je n’ai guère eu de succès et c’est grâce, encore une fois, au travail d’Ignace Mariétan que je ne suis pas revenu bredouille. Dans Notes floristiques sur la partie supérieure de la vallée de Bagnes (Fionney) datant de 1929, voici la description soigneuse qu’il donne de la récolte du foin sauvage par les paysans de Lourtier au-dessus de Fionnay

« C'est surtout dans cette région rocheuse des Tsantons (en-dessous du Plan de Louvie) mais parsemée de pentes gazonnées, que les habitants de Lourtier viennent récolter le foin sauvage. Lourtier, dernier village que l'on trouve en remontant la vallée, possède moins de terrain cultivable que les autres villages inférieurs ; ses habitants se voient dans l'obligation de compléter leurs récoltes par le foin sauvage des rochers que le bétail des pâturages ne peut atteindre. Ces terrains appartenant à la commune sont utilisés librement ; les premiers qui arrivent choisissent les places qui leur conviennent. De ce fait la récolte a lieu de bonne heure et le foin sauvage cueilli en pleine floraison a des qualités nutritives remarquables. Point de disputes entre ces montagnards pour le choix des meilleurs emplacements. Ils quittent leur village bien avant le jour, portant leurs instruments de travail (faux, cordes, râteaux) et les crampons indispensables pour se tenir sur ces pentes rapides et sèches. Ils fauchent, le soleil monte à l'horizon, le foin sèche et, vers le soir, ils édifient leurs charges avec un soin minutieux, les hissent sur la tête et les épaules, bien équilibrées, puis, munis d'un long bâton tenu obliquement des deux mains contre la montagne afin d'assurer l'équilibre, ils se mettent en route à travers des rochers et des pentes de gazon qui dominent parfois d'effrayants précipices. Ils font ainsi des heures de marche, chargés de 40 à 50 kilos, avant d'atteindre le fond de la vallée. Travail admirable, exemple frappant de l'énergie calme et persévérante, que seule une longue habitude de la montagne peut donner. On remarque pourtant que, ces dernières années, le nombre des faucheurs de foin sauvage diminue ; cela tient à ce que des chantiers récemment ouverts dans la Vallée procurent un travail plus rémunérateur. Les mêmes coutumes se rencontrent dans l'Oberland bernois, dans les Alpes du centre de la Suisse jusqu'aux chaînes orientales. »

Dans son livre Âme et Visages du Valais, imprimé en 1949, j’ai trouvé la même description avec cette photographie de Max Kettel :

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Mais je ne pouvais en rester là. Je sentais le besoin de les enrichir par une lecture verticale, au cours du temps, et j’ai eu la chance de tomber sur l’excellente -à mon avis- étude de Robert Kruker (1946), ethnographe et journaliste, et de Arnold Niederer (1914-1998), ethnologue, intitulée Aspects de la cueillette dans les Alpes suisses, parue dans les Etudes rurales en 1982 et gracieusement mise en ligne par le précieux Persée.

Ce texte, daté de 1982, se place dans l’échelle du temps entre le temps d’Eugène Rambert et d’Ignace Mariétan, et le nôtre, il faut en tenir compte, car la relation au foin sauvage n’a pas cessé de se modifier.

En voici l’introduction :

« Jusqu'au milieu du XXe siècle, il y avait, dans les Alpes suisses, une population considérable qui, loin des voies de communication, des centres industriels et touristiques, était étroitement tributaire de l'exploitation des ressources locales. Les activités pratiquées par ces populations alpines — centrées, selon la région, sur l'élevage ou l'agriculture — n'assuraient que difficilement le minimum vital. C'est pourquoi les montagnards se voyaient contraints d'utiliser au maximum tout ce que leur environnement naturel leur fournissait, et la cueillette, en tant que forme très primitive de l'exploitation du sol, avait une signification importante, vitale en temps de crise. Ceux qui ne possédaient pas de terres cultivables dépendaient particulièrement de la cueillette. Leur pourcentage dans la région des Alpes atteignait, vers 1800, 20 à 30 % en de nombreuses localités. Ce pourcentage augmenta encore à la suite d'une forte poussée démographique au cours du XIXe siècle. /…/ La cueillette était, pour toutes les couches pauvres de la population, une nécessité pour subvenir aux besoins des hommes mais aussi des animaux auxquels le fourrage manquait en hiver. »

Parmi l’ensemble de l’activité de cueillette, la récolte de foin sauvage avait une importance majeure. C’est aussi elle qui a probablement transporté la plus grande valeur symbolique.

« On entend par foin sauvage la pâture fauchée sur les prairies alpines (non fumées) et rapportée après séchage dans les habitations d'hiver pour nourrir le bétail. La cueillette de foin sauvage s’inscrit, comme les autres formes de cueillette, dans une situation de pénurie, due à des facteurs écologiques d’une part et socio-économiques de l’autre.

La cueillette du foin sauvage sur des escarpements est caractéristique de zones à fortes contraintes écologiques dont les traits dominants sont d'abord un climat alpin contraignant le bétail à une longue stabulation hivernale. Puis une topographie qui, dans les vallées de montagne surtout, limite fortement du fait de l'étroitesse des plateaux et du manque de terrasses naturelles, les possibilités de pratiquer la culture herbagère. /…/ C'est donc grâce à la cueillette du foin sauvage qu'un nombre important d'exploitations familiales survivaient, sans ou avec très peu de terres cultivables. ».

« L'époque de la récolte du foin sauvage se situait entre mi-août et mi-septembre, selon l'altitude, l'exposition et les conditions météorologiques. Le lieu, la date du début de la cueillette, les quantités récoltées étaient en général fixées par des règles traditionnelles ou des lois. La fauche du foin sauvage, sa collecte et son stockage se succédaient en peu de jours. A la veille du début de la cueillette, les faucheurs montaient à la montagne à foin sauvage. Ils étaient équipés d'une faucille et d'une faux, d'une pierre à aiguiser, d'un ustensile de portage, de cordes à foin, ainsi que des effets personnels requis pour un séjour à la montagne. /…/Par temps favorable, l'herbe séchait si rapidement qu'on pouvait en faire des tas le jour même, ou, au plus tard, le lendemain. Le stockage du foin récolté se pratiquait de manière variable selon les régions. En général, on ne regroupait pas en un point unique de la montagne le foin récolté, on l'entreposait soit dans des bâtiments rudimentaires couverts d'un toit, soit en meules, simples tas de foin pressé en forme de poire à un endroit plat de la pente. /…/ Au début du XXe siècle, les paysans commencèrent à installer — avec le soutien financier de l'Etat — des cordes puis des câbles aériens qui servaient à transporter le foin sauvage dans la vallée à la fin de la récolte. »

Qu'est devenue cette pratique au cours du temps ? Il ne fait pas de doute qu’au plan helvétique, la pratique s’est maintenue de façon beaucoup plus solide et durable dans les cantons de la Suisse centrale et dans les Grisons. Près d'un tiers de toutes les surfaces exploitées pour le foin sauvage en Suisse se trouve dans le canton d'Uri, qui s'efforce activement depuis quelques années de promouvoir le foin sauvage (in Tradition vivante, Bundesamt für Kultur BAK par Marius Risi 2018).

Et que disent nos auteurs sur l’évolution de cette pratique ?

« De manière générale, la récolte du foin sauvage commença à perdre de son importance dès le début du XXe siècle. Cette tendance alla en s'accentuant — avec certaines interruptions lors des années de crise économique — jusqu'à notre époque (1985). On estime que la quantité de foin sauvage récoltée de nos jours ne représente plus qu'un pourcentage infime de celle qui était encore récoltée il y a 35 ans. /…/ Les progrès effectués dans le transport du foin — grâce à l'introduction des câbles aériens — ne suffirent pas à ralentir la diminution de la récolte. De manière générale, le niveau de vie en Suisse s'est élevé, élévation dont a en partie profité la population des montagnes ; celle-ci a donc pu renoncer à la récolte de « l'herbe de martyr ». L'introduction de l'industrie dans certaines vallées de montagne a eu une influence sur l'évolution, dans la mesure où elle a fourni aux paysans des emplois d'appoint. Les paysans-ouvriers disposent désormais d'un peu d'argent liquide pour l'achat de foin en plaine. Leur travail en usine ne leur laisse d'autre part pas de temps libre pour des activités qui, telle la récolte du foin sauvage, requièrent un travail intensif.

De nos jours (1985), on ne récolte plus le foin sauvage qu'en peu d'endroits. Le but de la récolte s'est en partie modifié. Son produit n'est plus utilisé comme pâture du bétail à la ferme mais est vendu pour nourrir les cervidés des parcs zoologiques qui ne supportent pas l'herbe des prés fumés. »

Qu'en est-il, selon eux, de la composante symbolique ?

« Si la récolte de foin sauvage a très sensiblement régressé, elle demeure cependant un symbole vivant dans la conscience de la population suisse. Le faucheur fait partie intégrante d'un ensemble de stéréotypes diffusés pendant des décennies par les livres scolaires. Il représente un exemple et un symbole de l'ancêtre national, pauvre mais audacieux. Ce symbole du faucheur s'enracine dans une vision de l'histoire largement répandue en Suisse, vision valorisante de la culture alpine et des bergers alpins en particulier."

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Ci-dessus Der Wildheuer (le faucheur de foin sauvage) aus dem Volkkalender « Der Republikaner 1878 (Bernisches Staatsarchiv). Reproduction tirée du livre Das Wildheuer in Ringgenberg par G. Ritschard E. Schmocker 1980

*La figure héroïque de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, celle du guide de montagne, doit également beaucoup à celle du faucheur dans les Alpes : de nombreuses biographies de guides à l'époque des pionniers (celle de la conquête des hautes Alpes) précisent que le héros a entraîné son organisme aux exigences du métier de guide en récoltant du foin sauvage. Plusieurs articles ont paru récemment ainsi que des contributions à des calendriers populaires (voir ci-dessus) et des monographies comme celle de G. Ritschard et E. Schmocker Das Wildheuer in Ringgenberg, 1980, qui traite de cette récolte. Les auteurs de la monographie sur la récolte du foin sauvage à Ringgenberg cherchent délibérément à « transmettre au futur un souvenir vivant de cette époque du dur combat existentiel . Ce retour au passé ne traduit pas forcément un faux romantisme ; il ne véhicule pas nécessairement une volonté d'embellissement. Il faut y voir une forme de réponse à la crise actuelle de la civilisation (1985). C'est dans ce contexte de valorisation de « l'ancien temps » que s'inscrit le maintien ou la reviviscence de la pratique du fauchage dans certaines régions, pratique qui relève désormais beaucoup plus du folklore ou des loisirs que d'une nécessité économique. Ainsi, au-dessus du village de Ringgenberg, près du lac de Brienz, un groupe d'habitants de l'Oberland bernois perpétue, avec le souci de ne pas rompre avec la tradition, le travail de leurs ancêtres sur les plaques de gazon les plus pentues. Et, dans ce nouveau contexte, les moyens les plus modernes sont utilisés : l'hélicoptère entre autres. Les faucheurs « amateurs » perçoivent le travail sur les pentes de la montagne comme investi de hautes valeurs spirituelles qui les font communiquer avec le labeur et les privations de leurs ancêtres. En ceci, ils se rapprochent des auteurs de livres scolaires et de calendriers tout en allant plus loin en transformant leur perception en action.

En fait, la récolte du foin sauvage a un contenu symbolique élevé, au moins depuis la « découverte » des Alpes par l'élite intellectuelle. Elle constitue l'un des fondements du sentiment national en Suisse. Le faucheur a souvent été élevé au rang de prototype du Suisse primitif, du lutteur, de l'amoureux de liberté, de l'indigent aussi. Friedrich Schiller, l'auteur de ce drame national qu'est Guillaume Tell, introduit lui-même la figure du faucheur dans l'une de ses scènes clés. Ce faucheur y devient, en tant que prisonnier politique, la force qui déclenche le meurtre du tyran. Par opposition au chasseur alpin, symbole de la liberté du montagnard, le faucheur représente le combat existentiel des habitants les plus pauvres des Alpes, combat aujourd'hui difficile à imaginer. En ce sens, « le faucheur » comporte une connotation négative. Il représente la couche indigente de nos ancêtres, celle qui devait risquer sa vie pour récolter la nourriture des chèvres, les « vaches du pauvre ». A peu d'exceptions près, le paysan de montagne ne dépend plus, de nos jours, de la cueillette du foin sauvage. Il s'en souvient comme d'un phénomène dépassé, heureusement. La jeune génération des paysans de montagne n'a pratiquement plus vécu la cueillette. Pour elle, elle n'est déjà plus qu'une chose transmise par les légendes et les médias. Le symbolisme du faucheur est donc, en dernière analyse, moins ancré dans la conscience des habitants des Alpes qu'il ne sert — aux pédagogues et aux élites politiques surtout — à vanter la simplicité et la capacité à l'effort personnel de nos ancêtres ; bref, on peut dire qu'il s'inscrit dans un projet idéologique. »

A cet état des lieux, datant de 1985, vient s’ajouter un nouvel élément, la composante écologique, exacerbée par la dégradation de notre environnement, de la nature et du climat. Actuellement l’importance du fauchage des prairies de foin sauvage s'est déplacée de la garantie de l'existence des paysans à la préservation d'un paysage unique.

La pratique de cette activité alpine a donc pris un accent écologique sous-tendu par le travail de fond de l’Office fédéral de l’Environnement (OFEV), qui manifeste clairement ses orientations dans l’ensemble de ses publications sur l’environnement.

L’OFEV a, en particulier, publié une monographie Trockenwiesen und -weiden, Wildheu avec cette en-tête :

« Le foin sauvage est un patrimoine naturel et culturel impressionnant ; la Suisse est en tête sur le plan mondial. Cette fiche d'information explique pourquoi et montre les possibilités de sauvegarde ».

Il y est question d’un élément qui modifie fondamentalement les données de cette activité ancestrale, c’est la reconnaissance de son utilité pour l’ensemble de la communauté, mais aussi que des subventions sont justifiées et nécessaires pour ce type d’exploitation coûteuse du foin sauvage.

D’autre part, ils relèvent les possibilités d’une exploitation commerciale des vertus du foin sauvage, un produit aux nombreuses qualités, mais aussi le rôle favorable pour les communes de promouvoir une nouvelle attraction touristique autour de cette activité chargée de symboles.

Voilà , la boucle se referme, le terme de notre balade, le col des Pauvres et la Dent Rouge, et la vue des prairies à foin sauvage du vallon de Nant !

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Remarque: en utilisant les mots-clés foin sauvage, Wildheu, Wildheuer par exemple, de très très nombreuses offres de films ou vidéos sur la toile d’âge et de qualité très variable.

Parmi elles, j’ai trouvé que le fim noir et blanc, intitulé Wildheuen am Rietstöckli bei Linthal, publié vers 1936-37 était bien fait avec des images de qualité. Il peut être visualisé (sans commentaires audibles) sur le site de Landarchiv des Kanton Glarus.

D’autre part, j'ai eu un grand intérêt voir le film Alpine Saga , Ein Widheuerfim de Erich Langjahr, datant de 2006. Il propose une approche très ouverte et pertinente de cette pratique ancestrale. C’est une réalisation remarquable, le DVD est en vente sur son site.

A Villette, octobre 2023

NB: sur ce lien les images et commentaires de cette balade

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