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J.BRAHMS, Symphonie no 1, Orchestre du Festival de Lucerne, Wilhelm FURTWÄNGLER

27 août 1947
Radio Suisse Romande pour l'audio, René Gagnaux resp. sources indiquées pour texte et photos
Radio Suisse Romande pour l'audio, René Gagnaux resp. sources indiquées pour texte et photos

Johannes Brahms, Symphonie no 1 en ut mineur, op. 68, Orchestre du Festival de Lucerne, Wilhelm Furtwängler, 27 août 1947, Kunsthaus, Lucerne

  1. Un poco sostenuto – Allegro 14:54 (-> 14:54)
  2. Andante sostenuto 10:21 (-> 25:15)
  3. Un poco allegretto e grazioso 05:08 (-> 30:23)
  4. Adagio – Piu andante – Allegro non troppo, ma con brio – Piu Allegro 16:58 (-> 47:21)

Provenance: Radiodiffusion, Radio Suisse Romande

La superbe interprétation de cette oeuvre proposée ici en écoute provient d'un concert donné le 27 août 1947 à Lucerne, lors des Semaines Musicales Internationales. L'orchestre du festival - formé en grande partie de musiciens de l'Orchestre de la Suisse Romande - était placé sous la direction de Wilhelm FURTWÄNGLER. Le concert fut retransmis en direct sur l'émetteur de Sottens:

René Gagnaux
Montage d'extraits de la revue Radio Actualités des 1er et 22 août 1947
27 août 1947
Montage d'extraits de la revue Radio Actualités des 1er et 22 août 1947

Voir cette page de Notre Histoire pour plus de détails sur ce concert, ainsi que pour son compte-rendu.

Une courte présentation de l'oeuvre elle-même: Johannes Brahms ne s'est attaqué concrètement au genre de la symphonie qu'assez tard: ce n'est qu'au cours de l'été 1862 qu'il présenta à Clara Schumann et Albert Dietrich le début de sa première symphonie, auquel il manquait encore l’introduction lente. Le 12 septembre 1868, il envoya à Clara Schumann, à l’occasion de son anniversaire, des «voeux musicaux», dans lesquels il citait une variante du thème du cor de l’introduction du finale. Sa composition fut très ardue: le compositeur semblait "[...] avoir perdu tout courage au début des années 70, car il s’exprima à son ami, le chef d’orchestre Hermann Levi: «Jamais je n’écrirai de symphonie! Tu n’a pas idée de ce qu’on peut éprouver quand on entend en permanence un géant pareil (Beethoven) progresser derrière soi».[...]" (1) Ce n'est qu'en septembre/octobre 1876 - à Lichten­thal, près de Baden-Baden - que Johannes Brahms va finalement terminer la com­po­si­tion de sa première symphonie.

La première audition publique fut donnée le 4 novembre 1876 à Karlsruhe, dans le cadre du «Erstes Abonnements-Concertes des Grossh.[erzoglichen] Hoforchesters im grossen Saale des Museums», sous la direction de son ami Otto Dessoff.

René Gagnaux
Le jeune Johannes BRAHMS, en 1862
1862
Le jeune Johannes BRAHMS, en 1862

Jusqu’à la fin janvier 1877, Brahms dirigea lui-même sa symphonie à plusieurs occa­sions, en Allemagne et en Autriche: dans ces divers concerts, l’accueil de l'oeuvre fut triomphal, et imposa Brahms comme symphoniste. À Vienne, le critique Hanslick (*) salua cette nouvelle symphonie comme «La Dixième de Beethoven» cité d'après Sylvain Fort (2), une appréciation qui aurait toutefois déplut à Brahms, conscient des diffé­rences de style.

(*) D'autres sources attribuent ces mots à Hans von Bülow.

Pour sa publication Johannes Brahms remania l'oeuvre une dernière fois: le 30 mai 1877, il envoya les modèles de gravure de la partition et des parties instrumentales à Fritz Simrock. Elle parut à la fin du mois d’octobre 1877, l’édition comprenant les parties instrumentales et un arrangement pour piano, que Brahms avait écrit peu avant.

Trois autres symphonies vont ensuite être composées, en 1877, en 1883 et en 1885.

Une courte description de la première symphonie, citée d'un texte de Sylvain Fort (2):

"[...] l’introduction de 37 mesures, écrite en réalité une fois la symphonie achevée, semble narrer l’engendrement même de l’oeuvre: tension extrême, énergie jaillissante, et quelque chose cependant comme une immense tristesse. Le premier mouvement, Allegro, s’enracine profondément dans cette introduction [...]. La construction (de forme sonate, donc bi-thématique) en est d’une rigueur absolue. Ce sont cependant les timbres (bois, cuivres) qui attestent la capacité de Brahms symphoniste: le dosage des timbres instrumentaux suffit en plusieurs endroits à suggérer, alors que le thème n’est pas fondamentalement varié, la tension ou la détente; l’individualité vocale des instruments s’affirme avec une étonnante éloquence. C’est dans ce génie de l’orchestration plus que dans le talent mélodique que s’invente une narration d’une densité et d’une énergie stupéfiantes.[...]"

Le 2e mouvement "[...]accorde cette même primauté à la pâte sonore. La structure thématique en est, là encore, solide. Mais c’est la manière de sculpter le discours des cordes, de faire surgir la voix de la clarinette ou du hautbois, de faire émerger le chant singulier des violons[...]qui donnent à cette page ses couleurs chaudes, sa nostalgie ardente et néanmoins sereine. Indubitablement, ces deux premiers mouvements font masse. La matière est généreuse, la couleur est profuse.[...]"

Le 3e mouvement "[...]Un poco allegretto e grazioso, tout de grâce, où tout chantonne, où percent une sérénade, et parfois un badinage dans une légèreté de texture inattendue. Cette grâce-là n’a rien de latin; il y a là une gaieté bourrue. L’ampleur que prend, dans le passage central, et comme insensiblement, cette promenade champêtre, est d’une très surprenante puissance.[...]"

Le 4 mouvement est une "[...]démonstration de maîtrise [...] d’une inépuisable com­ple­xi­té et d’une profondeur neuve. L’alchimie des pizzicati enivrés et d’une masse or­ches­trale incandescente, cette rumeur de fond sur les cordes graves mêlée aux échappées lumineuses des vents, la solennité des cuivres, cette rencontre des timbres et des équilibres, l’usage aussi du silence et de résipiscences brutales font de ce quatrième mouvement un moment nouveau dans l’histoire de la symphonie en Europe. Brahms y incorpore une mélodie pour cor des Alpes qu’il avait transcrite en 1868. À la fin, le chaleureux thème des cordes, qui fait penser à l’Ode à la Joie de Beethoven, est moins une référence traditionaliste qu’un salut au maître, et peut-être une forme d’adieu. [...]" citations ci-dessus: texte de Sylvain Fort (2)

(1) Robert Pascall, Nottingham, printemps 1997

(2) Sylvain Fort, programme de concert publié par l'Orchestre Philharmonique royal de Liège (n'est plus disponible en ligne sur leur site)

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René Gagnaux
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4 janvier 2024
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