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W.A. MOZART, Concerto No 9, KV 271, Clara HASKIL, ONRDF, Igor MARKEVITCH

8 juin 1955
Radio Suisse Romande pour l'audio, René Gagnaux resp. sources indiquées pour texte et photo
Radio Suisse Romande pour l'audio, René Gagnaux resp. sources indiquées pour texte et photo

Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre No 9, dit Jeunehomme, en mi bémol majeur, KV 271, Clara Haskil, Orchestre National de la Radio Diffusion Française, Igor Markevitch, 8 juin 1955, Théâtre de Beaulieu, Lausanne

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  1. Allegro.......................................................................10:15 (-> 10:15)
  2. Andantino..................................................................12:04 (-> 22:19)
  3. Rondeau. Presto........................................................09:54 (-> 32:13)

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Cet enregistrement provient d'un concert donné à Lausanne le 8 juin 1955, au Théâtre de Beaulieu. Igor MARKEVITCH dirigeait l'Orchestre National de la Radio­Dif­fusion­Française, avec Clara HASKIL en soliste. Le concert fut retransmis le lendemain sur l'émetteur ondes moyennes (347 m) «France 1 - Chaîne nationale», à 20 heures, et seulement plus tard sur l'émetteur de Sottens:

René Gagnaux
W.A. MOZART, Concerto No 9, KV 271, Clara HASKIL, ONRDF, Igor MARKEVITCH
W.A. MOZART, Concerto No 9, KV 271, Clara HASKIL, ONRDF, Igor MARKEVITCH

Ce concerto - composé en janvier 1777 - est avant tout connu sous le nom du Concerto «Jeunehomme»: au siècle précédent, dans une biographie écrite par Théodor Wyzewa et Georges de Saint-Foix, le nom de «Mademoiselle Jeunehomme» commença d'être associé à cette oeuvre. Toutefois "[...] Mozart lui-même n’avait jamais évoqué personne de ce nom: une fois son concerto achevé, en janvier 1777, il en parla comme de «celui pour la Jenomy» [...] Son père Leopold fit lui aussi allusion à une «madame genomai» [...]". Les biographes pensèrent que ce nom avait été mal écrit, les spécialistes firent tout simplement de même, les uns après les autres, et le concerto fut bientôt surnommé «Jeunehomme».

En 2004 le musicologue viennois Michael Lorenz (*) démontra que cette pianiste était en fait Louise Victoire Jenamy (1749-1812), une fille de Jean-Georges Noverre (1727–1810), lui-même danseur connu et l'un des meilleurs amis de Mozart.

(*) Michael Lorenz, "Mademoiselle Jeunehomme", Zur Lösung eines Mozart-Rätsels (Vers une solution d'une énigme de Mozart), essai pour l'exposition Mozart de 2006. Da Ponte Institut, Vienne 2006, pp. 423-29.

Louise Victoire Jenamy "[...] exécuta un concerto pour piano à Vienne en 1773 avec, dit un journal local, «beaucoup d’art et d’aisance». Mozart dîna avec Noverre à Vienne en 1773, cela au moins nous le savons, peut-être en présence de Victoire. L’année qui suivit l’écriture du Concerto K271, Noverre revint à Paris comme maître de ballet et quand Mozart arriva avec sa mère, il écrivit à son père que le chorégraphe l’avait invité à dîner chez lui quand il le souhaitait et que Mme Jenamy était là. Mozart composa aussi une partie de la musique du ballet de Noverre intitulé Les petits riens. Il est étonnant que personne n’ait fait le lien pendant près d’un siècle [...]".

Une courte description citée d'un texte de John Irving, 2010, publié dans la brochure accompagnant le SACD Hybrid BIS-SACD-1794 (Ronald Brautigam, Die Kölner Aka­de­mie, Michael Alexander Willens):

"[...] une technique exceptionnelle (notamment dans le finale moto perpetuo particulièrement exigeant), ainsi qu’un talent certain pour l’expression rhétorique. Celle-ci est particulièrement de mise dans le mouvement lent en do mineur (Andantino), certainement l’une des compositions les plus impressionnantes jusqu’alors de Mozart à recourir à une écriture déclamatoire (si l’on excepte les opéras). L’attention de l’auditeur n’est pas seulement retenue par l’utilisation du mode mineur mais également par le recours judicieux aux contrastes dynamiques (les sursauts sonores soulignent le plus souvent les zones dans lesquelles Mozart explore des régions chromatiques distantes), les différents registres, le réseau mélodique délicat et, en particulier, l’usage expressif des silences.

La conception mozartienne du concerto est, dans le K 271, manifestement de celle où la virtuosité dramatique et solistique est mise à l’avant-plan et ce, dès le commencement: l’oeuvre débute inhabituellement non pas par le tutti orchestral attendu mais par une opposition entre tutti et solo alors que le piano entre à la seconde mesure pour compléter la phrase à l’allure de fanfare exprimée à l’unisson par le tutti. Tant au niveau visuel que sonore, il s’agit d’un effet extraordinaire qui appartient à la salle de concert et non pas au salon privé. On pourrait presque dire que cet effet appartient tout autant à l’opéra puisque le K 271, aussi bien par son contenu que par son échelle, est opératique de bout en bout.

Peut-être que cette oeuvre a contribué à établir Mozart en tant que virtuose du piano. On sait qu’il exécuta le K 271 plus tard en 1777 à Augsbourg. On sait aussi que l’oeuvre fut également jouée à Salzbourg grâce à des documents manuscrits liés à l’exécution qui nous sont parvenus (et qui contiennent rien de moins que dix cadences et Eingänge, c’est-à-dire de courtes introductions improvisées, écrites par Mozart lui-même, par son père ou par sa soeur). Un Eingang de la main de Mozart a été envoyé en 1783 par la poste de Vienne à Salzbourg ce qui laisse croire qu’il jouait encore l’oeuvre cette année-là. Des copies des parties de tutti furent également réalisées à Salzbourg en 1784 ou vers cette année-là. [...]"

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René Gagnaux
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29 décembre 2023
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