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Victor DESARZENS à Vienne: Humperdinck...

1 janvier 1960
Disque RCA
RCA pour le disque, René Gagnaux resp. sources citées pour le texte et la restauration du disque

Gravure illustrant ce fichier: Hänsel und Gretel vor dem Hexenhaus (Haensel et Gretel devant la maison de la sorcière), gravure de Adrian Ludwig Richter, édition de 1903

Engelbert HUMPERDINCK, Ouverture de Hänsel und Gretel, Orchestre symphonique de l'Opéra national de Vienne, Victor DESARZENS, Sélection du Reader's Digest/RCA, P 1960

En 1881 Engelbert Humperdinck, âgé de vingt-sept ans, est l'assistant de Richard Wagner à Bayreuth, jusqu'à son décès en 1883. Une dizaine d'années plus tard Humperdinck, alors professeur au Conservatoire Hoch de Francfort-sur-le-Main, compose son opéra-féerie Hänsel und Gretel, sur un livret d'Adelheid Wette - soeur du compositeur - inspiré du conte homonyme populaire rendu célèbre par les frères Grimm (Adelheid Wette se servit de la version telle que racontée par Ludwig Bechstein dans son recueil de contes de fées publiés en 1857, à cette époque bien plus répandu que celui des frères Grimm). L'opéra fut donné en première audition le 23 décembre 1893 à Weimar sous la direction de Richard Strauss, sous une forme incomplète, la partition de l'ouverture n'était pas arrivée à temps. Richard Strauss avait une telle admiration pour cet opéra qu'il reprendra plus tard, presque note par note, un thème issu de la scène de la sorcière pour en faire le thème du faucon de son opéra 'La femme sans ombre'.

L'argument de cet opéra-féerie est bien connu, racontant les aventures de deux enfants perdus dans la forêt puis attirés par une sorcière à laquelle, après maintes péripéties, ils feront subir le sort qu'elle leur réservait...

Pour plus de détails sur l'opéra voir par exemple ce dossier pdf du site de l'Opéra de Reims, ou ce dossier pdf du site de l'Opéra de Lyon, ou encore ce dossier pdf du site operadomani.org.

"[...] De Wagner, le compositeur a gardé le goût de la mélodie continue et du leitmotiv. Mais son opéra de conte de fées (Märchenoper)se nourrit également de chansons enfantines, de ces mélodies populaires dont l'origine se perd dans la brume des siècles. Le résultat est saisissant. La musique d'Humperdinck est profonde comme les lacs des légendes germaniques et elle nous est en même temps étrangement familière, ravivant en nous une part de notre enfance oubliée: comme si, il y a bien longtemps, nous avions été ce frère et cette soeur perdus dans la forêt, tombés dans les griffes de la sorcière à la maison en pain d'épices.[...]" (source: cette page du site de l'Opéra de Paris)

L'ouverture débute sur le thème de la Prière du Soir (symbolisant la protection divine qui entoure les enfants et revenant à plusieurs reprises dans l'opéra), exposé par les cors et les bassons, puis traite divers autres thèmes de l'opéra sur le mode symphonique; à la fin de l'ouverture le rideau se lève sur la pauvre chaumière des parents de Haensel et Gretel.

Sur l'ouverture Humperdinck écrit le 16 décembre 1891 à son beau-frère:

"[...] Dimanche passé, j'ai finalement mis par écrit l'ouverture qui est devenue un morceau assez étendu, sorte de prologue symphonique que l'on pourrait intituler ´Vie d'enfants´. Elle s'ouvre sur le choral des anges gardiens exposé par les cors, auquel fait suite le ´Hokus pokus´ qui à son tour cède la place à la mélodie de ´Die Englein haben's uns im Traume gesagt´, à laquelle s'enchaîne ´Die Hexerei ist nun vorbei´, enjoué, en mi majeur. Puis on réentend le choral qui se confond organiquement avec la mélodie de ´Die Englein haben's etc´, le tout prenant fin sur ´Die Hokus-Pokus-Hexerei ist nun vorbei´, dans un ut majeur triomphal. Ça peut paraître un peu bruyant et tumultueux, mais ´sunt pueri pueri, pueri puerilia tracant´ [Si les enfants sont des enfants, ils font des choses puériles], et de toute façon, c'est la trompette qui va le mieux avec les rudes voix des garçons [...]" Citation extraite d'un texte de Heiko Cullmann (traduction: Babette Hessel) publié dans le livret du CD New Classical Adventure avec cet opéra sous la direction de Martin Haselböck.

Pour la partititon voir par exemple cette page de l'IMSLP ou cette page du site dlib.indiana.edu.

Victor DESARZENS dirige un orchestre nommé «Orchestre symphonique de l'Opéra national de Vienne» dans cette édition parue en France.

L'identité exacte de cet orchestre n'est toutefois pas claire: à Vienne il n'a jamais existé d'opéra se nommant «Opéra National», mais par contre deux opéras ayant le statut de «Bundestheater», donc d'opéra national. L'un est le «Wiener Staatsoper», l'Opéra d'État de Vienne (le plus connu des deux), l'autre est le "Volksoper Wien", l'Opéra Populaire de Vienne (dans la fin des années 1950 - début des années 1960, Herbert von Karajan était le directeur du «Staatsoper», Franz Salmhofer celui du «Volksoper»).

Dans la troisième oeuvre de ce disque - Les airs bohémiens de Pablo de Sarasate - le violon-solo est Hans Grötzer, à cette époque «Konzertmeister» de l'Orchestre de l'Opéra Populaire.

C'est pourquoi je pense qu'il s'agit ici de l'Orchestre de l'Opéra Populaire: je m'imagine mal que l'Orchestre de l'Opéra d'État puisse accepter d'enregistrer une oeuvre avec le «Konzertmeister» de l'autre orchestre en violon-solo?! Certes, l'édition parue aux USA indique qu'il s'agirait du «Vienna State Opera Orchestra», donc de l'Orchestre de l'Opéra d'État, mais les éditeurs américains de cette époque ont souvent allègrement confondu les deux orchestres.

L'enregistrement paraît en 1960 sur le 2e disque d'un coffret Sélection du Reader's Digest consacré à un festival de musique légère classique. L'exemplaire utilisé pour cette restauration vient de la collection de Daniel ACHACHE, qui a numérisé lui-même son disque et m'a envoyé le fichier pour restaurer l'enregistrement et vous le présenter: je le remercie pour sa grande générosité.

La restauration a été rapide, son disque étant en bon état.

L'enregistrement que vous écoutez:

Engelbert Humperdinck, Ouverture de Hänsel und Gretel, Orchestre symphonique de l'Opéra national de Vienne, Victor Desarzens, Sélection du Reader's Digest/RCA, P 1960 (Ruhige, nicht zu langsame Bewegung - Munter 08:49)

Sélection du Reader's Digest/RCA -> WAV -> léger à moyen DeClick avec ClickRepair (l'excellent logiciel de Brian Davies), des réparations manuelles ->MP3, restauration effectuée par moi-même: l'enregistrement est donc de ce fait libre de droits d'autres personnes ou sociétés, le disque étant paru pour la première fois il y a plus de 50 ans (droit voisin), et le compositeur et autres ayants droits décédés il y a plus de 70 ans (droit d'auteur).

La suite: Franz Schubert, Entracte n° 3 de la musique de scène pour Rosamunde, D 797, Orchestre symphonique de l'Opéra national de Vienne, Victor Desarzens, Sélection du Reader's Digest/RCA, P 1960

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  • Martine Desarzens

    Cher René bonjour, Un très grand MERCI pour ce disque que je découvre grâce à vous. L'historique de "Orchestre symphonique de l'Opéra national de Vienne" montre bien combien l'identité d'un orchestre peut changer avec les événements politiques ou autres.....Vous dites que cette édition est parue en France, est-ce que d'après-vous cet enregistrement s'est fait à Paris ? Je remercie également Monsieur Daniel ACHACHE pour sa précieuse participation à nous faire découvrir cet enregistrement. Cher René, vous avez un magnifique réseau musical....! Toute bonne journée, amicalement. Martine Desarzens

  • René Gagnaux

    Merci pour votre commentaire, chère Martine. Pour l'identité de l'orchestre de Vienne, cette incertitude est un "classique" de l'histoire! Aussi bien l'orchestre de l'Opéra d'État que celui de l'Opéra comique ont très souvent fait des enregistrements sous un nom de circonstance, généralement pour des raisons de contrat qui les empèchait de paraître sous leur vraie identité pour d'autres maisons de disques. On retrouve les mêmes cas avec d'autres grands orchestres, par exemple à Paris ou à Londres. Je ne pense pas que cet enregistrement ait été fait à Paris. L'habitude des orchestres de Vienne était d'enregistrer chez eux, ayant d'excellentes salles. Il est fort probable que cet enregistrement ait été fait dans la grande salle du Musikverein (http://fr.wikipedia.org/wiki/Musikverein_(Vienne))), mais je n'ai pas pu trouver de confirmation. Cette salle était - est encore - quasiment la "salle de référence" à Vienne. Je vais transmettre vos remerciements à Daniel. Les enregistrements de ces disques Reader's Digest sont très intéressants, car il s'agit souvent d'enregistrements qui n'ont pas eu de grande distribution. Il me semble que Victor Desarzens a enregistré la grande partie de ces deux disques spécialement pour Reader's Digest (qui est en fait un label RCA), car je ne trouve pas d'autres rééditions. La suite des enregistrements ces prochains jours/semaine! Je vous souhaite également une bonne journée, amicalement René Gagnaux

René Gagnaux
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15 mars 2015
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