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L'Histoire du "Lausanne" par ses acteurs (4/4)

2 juillet 2021
David Glaser, le web éditeur

Dernière partie de notre entretien avec les auteurs du livre "La Pontaise, un stade, des histoires" avec la participation de Samuel Varone, un des trois auteurs et ancien directeur financier du Lausanne Sport durant la période du président Jean-François Collet. Il est aujourd'hui responsable financier de la Société Immobilière Lausannoise pour le Logement (SILL). L'homme, fan de cœur du FC Sion, raconte dans cette dernière partie de l'entretien quelques souvenirs douloureux d'un point de vue personnel ainsi que le parcours de quelques personnalités du LS qui ont laissé un bon souvenir aux fans. Il y aussi ceux qui ont, au contraire, laissé une moins bonne empreinte. On ne les oublie pas et Samuel en parle aussi. Pour lire le premier épisode de cette série, cliquez ici.

C'est vrai que je suis fan du FC Sion. Il y a une anecdote qui me concerne. Il y a une saison (2008) où le FC Sion a joué avec des joueurs qui n’étaient pas qualifiés. Il y avait un doute sur le fait qu’ils avaient le droit de jouer pour le FC Sion ou pas. Comme le gardien égyptien Essam El Hadari. Un club qui jouait contre eux a décidé de déposer des protêts après les matchs, par principe. Quand ce fut notre tour de jouer contre eux un week-end, en l'absence de Gianluca Sorrentino, responsable administratif et directeur général du LS, le président Collet est venu vers mois et m’a demandé de déposer un protêt. J’ai dû déposer protêt contre mon club favori. Un drôle de souvenir.

Que pensez-vous du supporter lausannois ? Est-il investi pour des valeurs saines, critiquant les grandes tendances du foot moderne où tout se mesure en centaines de milliers, millions, voire milliards de francs ?

Les valeurs du supportariat, c’est un peu difficile pour moi de juger. La réaction après la présentation de la Super League par les grands clubs européens, c’est sans doute un feu de paille. Pour le Lausanne Sport, on a eu il y a quelques années une réaction du public quand INEOS a changé le logo historique. Sous la pression du public, ils ont fait machine arrière. J'ai quand même l'impression que dans un club de foot, les propriétaires, les coachs et les joueurs passent et les supporters restent fidèles.

Cela me fait penser à la grève des joueurs du LS en 1967, en finale de Coupe de Suisse. Ils ont refusé de reprendre le jeu après avoir été sanctionné d'un penalty injustifié... Vous avez eu beaucoup de réactions à cette grève ?

Ce fut assez difficile d'en reparler. On a assez peu de témoins de cette époque-là. La plupart des "Seigneurs de la Nuit" ne sont plus de ce monde. Le seul témoin qu'on a eu, ce fut Gabet Chapuisat. Mais il était en début de carrière. On a assez peu thématisé autour de cet événement. On s’est surtout basé sur les témoignages d’époque dans la presse. Je ne suis pas sûr que Gabet ait cautionné cette grève.

Autre histoire, plutôt marrante. Ce sont ces soirées dans l'enceinte de la Pontaise qui tournent mal, le Stade olympique servait de lieu de fête.

Oui, on était en 2011 et cette petite soirée entre joueurs a dérangé les voisins. C'était quand même une fête de promotion en Super League mais il était très tard. La Pontaise n’est pas l’endroit le plus sécurisé au monde et pas le plus discret non plus pour la fête. Les voisins sont habitués au bruit les jours de matchs. Au milieu de la nuit, ce n’est pas souhaitable d'avoir ces parties festives dans les travées du stade. Souvent, après les matchs, les dirigeants avaient fermé les yeux et ça se remettait en ordre plutôt bien. Il y a eu plusieurs fêtes qui n'ont pas été aussi bruyantes.

Le LS, ce sont aussi des relations historiquement difficiles avec certains coachs, vous avez des souvenirs de coachs particulièrement difficiles ?

De toutes les personnalités qui ont été évoquées, j'ai trouvé nos interlocuteurs assez critiques avec les entraineurs, même avec Pierre-André Schurmann ou Georges Bregy. Le seul qui fait l’unanimité, c’est Umberto Barberis. Dans les années 80, on note aussi le passage qui a été vécu négativement de Péter Pázmándy. Victor Zvunka ne fut pas la bonne personne au bon endroit. Barberis fut au bon endroit en revanche, il a eu du succès et a lancé beaucoup de jeunes. Il était passionné et faisait des entrainements intéressants. Gianluca Sorrentino (le co-auteur du livre "La Pontaise, un stade, des histoires") a parlé longuement avec lui. Une discussion qui aurait pu s'étendre sur plusieurs heures. Il a vraiment marqué positivement l’histoire du club.

A propos des présidents, je remarque que Waldemar Kita, l'actuel propriétaire et président du FC Nantes, et co-responsable de la descente aux enfers de Lausanne aux débuts des années 2000, n'est quasiment pas cité.

C'est vrai, Kita n'est pas le plus cité. Dans les années 90, les présidents Alfred Bezzola et Jean-François Kurz ont eu une très bonne assise dans le club. Ils étaient respectés. Est-ce parce qu’ils furent associés, est-ce parce que c'étaient des présidents mécènes, qui ont mis de leur propre argent ? Une autre personnalité a mis tout le monde d'accord en tant que président, c'est Georges Souri. Yves Detray, ancien président de la Confrérie avait un pouvoir pour fédérer plusieurs entrepreneurs autour du club. Il y a eu, à son époque, beaucoup de sponsors à se mobiliser pour faire venir le champion du monde italien Giancarlo Antognioni. Ces fonds ont été rassemblés pour faire un coup médiatique. Antognioni a été bon. Même en fin de carrière, il a apporté ce qu’il devait.

Gabet Chapuisat, il avait cette aura créée par son jeu, sa carrière lausannoise ainsi qu'à Zurich et en France, aussi du fait de sa personnalité... Il y a aussi Fabio Celestini, passé de Renens à Lausanne, puis de Troyes à l’Olympique de Marseille, ça a mis le Lausanne Sport sur la carte du foot français... A qui pensez-vous d'autre ?

Quand on en parle, le joueur qui a le plus réussi, c’est Stéphane Chapuisat. Il a gagné la Champions League à Dortmund. Mais il a commencé à Lausanne. Fabio bien sûr qu'il a une aura. Même si pendant la période où j'étais en poste au LS, il avait des relations compliquées avec le président. En tous les cas, c’est un très bon ambassadeur de ce qui se fait en foot du côté de Lausanne.

En 2021, INEOS est bien installé. Le groupe britannique est arrivé et a créé son organisation sportive comme l'a fait Red Bull ou Manchester City à Nice, Lausanne et en Côte d'Ivoire. Il y a plusieurs franchises de sport portant la marque INEOS, ça peut être un problème à la longue ?

C’est un modèle qui fait partie de l’évolution. Elle n'est pas forcément celle que l'on souhaite tous du foot. Car les joueurs arrivent et repartent. On sent qu’il y a des joueurs qui ne vont pas faire toute leur carrière au LS. Il y a quand même les supporters qu’il faut essayer de fidéliser. Mais ces supporters ne vont pas pouvoir s’identifier aux joueurs. Ainsi, on sera fidèle à la marque LS, mais pas aux joueurs du LS. Je ne suis pas fan de cette évolution. Mais il y aura des spectateurs qui oublieront que les joueurs du Lausanne sont passés par l'OGC Nice ou par l’Académie en Côte d’Ivoire. Ce sera une anecdote. Lausanne termine 3e cette année, il faudra viser cette place l’année prochaine car ça semble fonctionner au niveau sportif.

Propos recueillis par David Glaser.

Le livre de Nicolas Munier, Gianluca Sorrentino, Samuel Varone préfacé par le journaliste Michel Zendali est disponible ici.

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2 juillet 2021
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