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Du drame du 26 juillet 1913 à la Tour Sallière, 2 récits

Du drame du 26 juillet 1913 à la Tour Sallière, 2 récits

1920
Edition Art Perrochet Lausanne
collection personnelle

Cette image de monument funéraire qui se trouvait dans la plaine de Salanfe sur un affleurement rocheux, et a été déplacé à proximité de l'Auberge de Salanfe lors de la mise en eau du barrage en 1950. La Chapelle de la Barme, bien visible sur la gauche, elle, est restée immergée comme d'ailleurs les chalets de l'alpage de la Barme que l'on aperçoit à droite.Une image des chalets d'alpage lors de leur immersion en 1950 à Salanfe (Fonds EOS Médiathèque)

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La croix de ce Monument funéraire a été élevé, par la famille, à la mémoire du jeune Jean Barthélémy, mort avec ses 2 compagnons dans l'ascension téméraire de la face Est de la Tour Sallière, en juillet 1913. Un événement dramatique comme il en existe une multitude accablante en montagne, mais ici particulièrement exemplaire !

Louis Delez, le gardien de la cabane qui a accueilli les 3 jeunes gens la veille de leur folle ascension a naturellement été questionné par les journalistes. Du récit donné par L. Delez, il en existe deux compte-rendus et il m'a semblé intéressant de les comparer, tant leur récit, du même événement, diffère par un choix différent des éléments contextuels du drame (c'est du moins mon ressenti).

Grâce au lien mis à disposition par Fabrice Ducrest (Copyright et Source : « L’Écho des Alpes » du 27 juillet 1913 sur lesdentsdumidi.ch/le-plateau-d...) le récit paru dans l'ECHO des Alpes , revue de CAS du 27 juillet 1913

et celui du Nouvelliste du 29 juillet 1913 reproduit ci-dessous:

"Une terrible catastrophe qui a coûté la vie à trois jeunes gens s'est produite samedi matin dans le massif de la Tour Sallière avoisinant Ies Dents du Midi et dominant d'environ 1500 mètres le splendide pâturage valaisan de Salanfe. Trois jeunes alpinistes étaient arrivés vendredi soir à l'Hôtel de la Dent du Midi, à Salanfe, où ils passèrent la nuit. Ils annoncèrent à M. Louis Delez, le célèbre guide salvanin, qui est en même temps tenancier de l'hôtel, qu'ils avaient l'intention de faire l'ascension de la Tour Sallière par la face de Salanfe qui est extrêmement scabreuse et n a été faite que très rarement. Insouciants du danger, ils se proposaient de tenter la partie sans guide. M. Delez leur déconseilla vivement de se lancer dans une expédition aussi folle, leur disant qu'aller seuls à la Tour Sallière par cette voie, c'était courir à une mort certaine. Téméraires comme le sont trop souvent les touristes étrangers qui ignorent les dangers de la montagne, Ies trois jeunes gens refusèrent d'abandonner leur projet et samedi, vers 3 h. du matin, ils quittaient l'hôtel où ils ne devaient plus revenir vivants. Ils traversèrent le pâturage et s'approchèrent de la base de la Tour Sallière dont ils commencèrent à gravir les premiers névés pour attaquer Ies rochers en se dirigeant vers le Glacier Noir, suspendu aux flancs de la montagne, à 2700 mètres d'altitude environ et qui doit son nom au fait que d'innombrables avalanches et chutes de pierres tombant des glaciers supérieurs viennent s y précipiter. Puis ils attaquèrent l'immense paroi de rochers terminale où ils durent se perdre en essayant les unes après les autres les innombrables « cheminées » et les étroites « vires « que l'on y rencontre. Cependant le temps passait et, alors que les caravanes qui font la Tour Sallière arrivent généralement au sommet, en six ou sept heures, les jeunes téméraires se trouvaient encore dans Ies rochers à la fin de l'après-midi. Justement inquiet, M. Delez Ies suivait avec sa Iongue-vue et, vers 6 h. il fut le témoin impuissant de la catastrophe dont on ignore encore — et dont on ignorera probablement toujours — les causes . Dans une traînée de neige formant avalanche, il aperçut les trois malheureux entraînés dans le vide avec une vitesse effroyable et il Ies vit venir s'abattre sur le glacier suspendu quelques six cents mètres plus bas où ils disparurent dans Ies séracs. Terrifié, le dévoué guide se hâta de faire parvenir la fatale nouvelle à Salvan. Une expédition de secours se forma aussitôt qui comptait tous les meilleurs guides salvanins, dont le dévouement, le courage et le désintéressement sont bien connus. Partie dans la nuit de Salvan, la colonne arriva à Salanfe au point du jour et elle se hâta de gagner, au prix de mille efforts et en s'exposant à de grands dangers, le point difficilement accessible où gisaient Ies malheureux."

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  • Renata Roveretto

    Très émouvantes....les histoires et les images que vous nous racontez et montrez ici sur ce site......, les unes profondément tristes et d'autres en échange d'une beauté intensément touchante !

  • Philippe Chappuis

    Vos lignes m'ont fait du bien, comme j'apprécie aussi votre réactivité en général, également dans vos prises de vues du monde en route sous nos yeux, le partage est un bon moteur des relations humaines, quand elles prospèrent, bonne journée !

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