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Charles Chollet (1822-1887)  en uniforme vers 1855

Charles Chollet (1822-1887)  en uniforme vers 1855

1855
François Marie Vuagnat
collection Chollet Moudon

le Dr Charles Chollet de Moudon, le grand-père de Suzanne Chappuis, se rend chez François Marie Vuagnat (1826-1910) peintre photographe, actif vers les années 1850, au Quai des Bergues 23, à Genève. Charles porte l'uniforme d'un grade supérieur, lieutenant-colonel ou chef de bataillon, portant une épaulette associée à une contre épaulette sans frange. Le photographe a convenu d'une mise en scène "historique" Charles Chollet tenant à la main droite une plume d'oie, ce qui pose son homme, détail un brin anachronique, puisque son usage avait fortement régressé, notamment dans les écoles, remplacée par la plume à bec métallique souple. L'uniforme n'est plus celui de la Guerre du Sonderbund (1847) comme sur ce daguerréotype de l'étonnant Général Guillaume Henri Dufour par Jean de Humnicki

upload.wikimedia.org/wikipedia...

Il ressemble à celui de Hans Herzog , général de l'armée suisse pendant la guerre franco-prussienne de 1870/7, mais sans le ceinturon

upload.wikimedia.org/wikipedia...

La photographie de Charles Chollet en uniforme a été faite dans les années qui ont suivi la Guerre du Sonderbund, guerre civile qui laissa des traces tangibles dans l'histoire politique et interconfessionnelle des cantons suisses. Elle me renvoie à un personnage de la famille du peintre Eugène Burnand, en l'occurrence son père le colonel Edouard Burnand (1814-1892), né à Moudon lui aussi.

notrehistoire.imgix.net/photos...

Engagé aux côtés du Général Dufour pendant la Guerre du Sonderbund, il a laissé des notes que son petit-fils, le Dr René Burnand, a confiées à l'historien Eugène Motta qui les a faites éditer dans la Revue Historique Vaudoise de l'année 1924. La lecture de ces souvenirs m'ont jeté dans une grande perplexité, d'abord de découvrir le comportement "guerrier", presque puéril et ludique d'Edouard Burnand, pris par une sorte d'enthousiame à l'idée d'aller se battre, "même contre des amis", et ensuite de prendre connaissance, par les détails relevés par le colonel, de ce qu'était la guerre à cette époque et surtout comment il la voyait.... Pour ceux que cela intéresserait, voici les liens (début milieu et fin)

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Ce texte soulève bien des interrogations, notamment sur la signification sociologique de la "guerre" au début du XIXe s. Dans le livre de René Burnand, Silence d'une vieille maison, paru à la Librairie Payot en 1940, il évoque ses souvenirs de la maison du Seppey

Photographie de Pierre Auguste Chappuis

sous forme d'un journal dont il est l'auteur et qu'il a transposé dans une fiction, mais avec des souvenirs très précis, qui me permettent d'ébaucher une réponse. J'y trouve les souvenirs relatifs à son grand-père, le colonel Edouard Burnand, qu'il a bien connu avec son frère Franz, mon grand-père et qu'ils adoraient.

Il décrit l'homme dans un tableau de famille dont il se souvient "sa dégaîne est celle d'un officier vieillissant, en congé, dans sa maison des champs. Il a mis sur sa tête un chapeau de paille aussi mou qu'un feutre, a chaussé de forts souliers. Occupé à rafraîchir les salades au potager, il vient faire un instant de conversation aux dames. Il tient à la main l'arrosoir qui tout à l'heure va s'emplir à nouveau au goulot de la fontaine..."

Plus loin, sur sa nature de "guerrier", "Il est l'authentique descendant de son père et de tous ces casse-cou fascinés par le bruit des guerres, l'amour de la France, mais qui tôt ou tard revenaient à leur terre. Seule l'époque a changé; le pays n'est plus celui qui fournissait des mercenaires à l'Europe. Le pays s'est rangé. Mais un sang militaire coule encore dans les veines de plusieurs de plusieurs de ses fils. Et cet homme que voilà, qui tient son arrosoir, ce propriétaire amoureux de ses boutures, de ses vergers a voulu, toute sa vie, forcer le cours tranquille des jours pour rencontrer l'aventure"

Et encore "Si vous prêtez quelque intérêt à cette étude d'une personnalité symbolisant la lente réforme politique qui aboutit, au travers de révolutions sans cesse renaissantes, à l'accomplissement final de la Révolution après 1871 - je voudrais montrer cet homme, héritier de traditions désormais impossibles à maintenir, cherchant avidement, fougueusement, des occasions de renouer cette tradition"

Cela se lit, entre autres, dans le texte d'Edouard Burnand lors de sa participation à la guerre du Sonderbund en 1847. La qualité et le finesse des remarques de René Burnand ne sont pas étrangère à sa formation de médecin, écrites dans le climat de la dernière guerre mondiale.

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  • Renata Roveretto

    Oh oui, symboliquement l'idée de la plume dans la mise en scène par le photographe, me paraît bien placée, vu qu'après les guerres ce sont bien souvent les plumes perdues qui réapparaissent dans les souvenirs des gens nous racontant l'histoire...sans dire que votre dossier, cher monsieur Philippe Chappuis est vraiment intéressant parce-que parfaitement bien documenté. Merci

Philippe Chappuis
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29 janvier 2021
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