Le début du chemin de fer

13 décembre 2009
Albin Salamin
Albin Salamin

La première liaison de chemin de fer sur sol suisse fut inaugurée le 7 août 1847 entre la ville de Zurich et celle de Baden. L'enthousiasme né de ce nouveau moyen de transport ne faiblit plus par la suite. Chaque région de Suisse voulait une liaison ferroviaire afin de favoriser le développement industriel et touristique.

Une reconstruction du premier train à vapeur le "Spanisch-Brötli-Bahn"

Il nous faut rappeler qu'au début du chemin de fer, les concessions étaient du ressort des cantons (jusqu'en 1872). Jaloux de leurs prérogatives, la coordination des projets restait difficile, d'où naturellement la naissance d'un nombre important de petites compagnies. Dès le 1er janvier 1902, la Confédération créa les CFF et nationalisa plusieurs grandes compagnies, comme la Compagnie Jura-Simplon, le Chemin de fer Central suisse, le Chemin de fer du Saint-Gothard, Le Chemin de fer Nord-Est suisse et les Chemins de fer suisses réunis.

A son apogée en Suisse, la traction à vapeur représentait près de 1600 locomotives et ce n'est qu'en 1968 que la dernière machine des CFF fut retirée du réseau. Ces machines rendirent des services remarquables mais, le manque de matière première en Suisse, le charbon, poussa toutes les compagnies de Chemin de fer à électrifier leur réseau. Pour l'électification de leur réseau, les CFF construisirent le barrage de Barberine, aujourd'hui noyé dans celui d'Emosson, entre 1920 et 1925.

Il faut également souligner que les rendements énergétiques et le personnel nécessaire à leur fonctionnement, laissèrent peu de chance de survie à ces magnifiques machines, face aux nouvelles générations de locomotives électriques. Il suffit de se rappeler qu'au temps des C5/6, sur la ligne du Gothard, une locomotive avalait 2000 kg et consommait 8000 litres d'eau.

Si le développement du transport ferroviaire fut important à cette époque, c'est que le transport des marchandises et des voyageurs par la route, était trop lent et très difficile. Le développement des grands axes routiers et l'amélioration des routes secondaires a affaibli le rail durant de nombreuses années. De très nombreuses compagnies de chemin de fer privées ont dû fusionner ou devront le faire pour survivre.

Voir la démolition d'une locomotive à vapeur des CFF (Vidéo)

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  • Michel Guex

    Je n'ai pas été proche des machines à vapeur : mon père fut chef de gare aux CEV (Chemins de fer électriques veveysans) de 1907 à 1946, et mes souvenirs de la vapeur sont donc plutôt rares :

    • en 1949, course d'école au Bouveret où le "Tonkin" n'était pas encore électrifié, émerveillement d'un gamin de 7 ans
    • 1953, en vacances chez ma marraine à Bienne, rte d'Orpond 2, d'où je regardais la petite loco de manœuvre de la gare marchandises
    • fin des années 50, Lausanne, depuis le chemin de Villard, en allant et revenant de l'École des Métiers, nous pouvions voir la machine en chauffe prête pour les interventions urgentes nécessitant du matériel indépendant de l'alimentation électrique, ...
    • ... ce qui arriva un soir, lorsque le direct pour Vevey, Montreux, Aigle, Bex, ... (départ 18h18) s'arrête à Cully, se fait dépasser au bout d'un (trop) long moment par cette fameuse loc. à vapeur qui vient s'accrocher en tête de notre train et démarre péniblement pour Vevey, circulant à contre-voie. Un camion avait renversé sa remorque chargée de tuiles à Rivaz, en face du château de Glérolles, arrachant la caténaire et obstruant la voie amont. Puis la vapeur disparut, pour revenir sur le Blonay-Chamby, un peu comme un jouet, et circule sur une ligne qui n'avait connu la vapeur que lors des travaux de construction.
  • Albin Salamin

    Merci pour ce témoignage

  • Claire Bärtschi-Flohr

    Très intéressant article. Merci. Il faut continuer à soutenir le réseau ferroviaire. C'est bon pour le climat.

Albin Salamin
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8 décembre 2009
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