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"Cette drolatique machine, le télégraphe !"

"Cette drolatique machine, le télégraphe !"

16 juillet 1892
documents hoirie Léon Monnier
Pierre-Marie Epiney

Cette charmante petite lettre a été adressée par Elise (?), une collègue de Crésence Monnier (1871-1960) en poste à l'hôtel Riffelhaus de Zermatt. Les deux jeunes filles ont 20 ans à peine et le style d'Elise ne manque ni de fraîcheur ni d'une qualité qu'on pourrait dire littéraire.

Elise envoie à Crésence ses marques d'affection et de bonté, elle tient beaucoup à son amitié mais déplore cependant son "silence absolu" qu'elle interprète certes comme un signe de félicité mais elle la prie de ne "pas oublier une pauvre solitaire située à plus de 2500 mètres d'altitude".

Elise se plaint ensuite d'une "température vraiment boréale, on se dirait en Sibérie... " et malgré le mois de juillet, quatre couvertures de laine et une cruche d'eau bouillante suffisent à peine à "ne pas nous laisser engourdir les membres du froid".

Elle peine à comprendre que malgré cela, "toutes les nations accourent pour visiter les cimes magnifiques qui nous entourent. L'hôtel est rempli chaque soir".

Mais le passage le plus croustillant - qui est partiellement reproduit ci-dessus en exergue - est celui-ci :

"Parlons un peu de cette drolatique machine, du télégraphe. Oh! non, non, je ne puis pas m'y faire et encore moins m'y plaire. Cette vie enfermée dans un caveau tel que le mien, d'où l'on ne voit ni ciel, ni terre, ni soleil, ni lune, cette existence, je te l'assure, n'a rien qui puisse m'enchanter.
Dieu veuille que cette profession me plaise un peu mieux, car il y a de quoi vous troubler l'esprit.
Jusqu'ici, je n'ai pas eu beaucoup à faire environ 30 (?) dépêches partantes et 40 d'arrivantes, mais cela viendra assez. Le chef du bureau de Zermatt m'a dit que j'en aurais eu par jour, pendant le mois d'août de 45 à 50 !! En voilà assez pour une pauvre malheureuse, incapable de faire son service."

La lettre lue par Pierre Crevoisier :

00:00:00
00:02:46

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Pierre-Marie Epiney
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