Le Grand Hôtel des Rasses Repérage

28 avril 2023
Les archives de la RTS

Installé sur le flanc du Chasseron, à près de 1200 mètres d’altitude sur un balcon du Jura vaudois offrant un panorama allant de la Jungfrau au Mont-Blanc, le Grand Hôtel des Rasses est inauguré en 1898.

Un site exceptionnel

Des cartes postales publiées sur notreHistoire.ch illustrent la vue exceptionnelle dont on jouit de sa terrasse.

Alors que le tourisme de luxe est en pleine expansion dans les Alpes dès la 2e moitié du 19e siècle, Edouard Baierlé, un hôtelier d’Yverdon, a imaginé dans ce cadre jurassien idyllique un hôtel destiné à une riche clientèle, un lieu de séjour d’exception où profiter du confort, de la vue et de la tranquillité.

Les ingrédients du succès

La ligne de chemin de fer Yverdon-Ste Croix inaugurée en 1893 permettra de conduire les voyageurs à destination. Edouard Baierlé fait bâtir par l’architecte Jacques Régamey un imposant et luxueux établissement d’une soixantaine de chambres. On y aménage différentes installations sportives permettant été comme hiver la pratique de sports de plein air. Les étrangers fortunés sont au rendez-vous et le Grand Hôtel des Rasses connaît le succès au point qu’un agrandissement s’impose : une nouvelle aile indépendante construite dans l’esprit Belle Epoque est achevée en 1913, juste avant la Première Guerre mondiale.

Le développement touristique

La région industrielle de Ste-Croix connue à travers le monde pour ses ateliers de boîtes à musique et d’horlogerie se découvre une vocation touristique et se fait pionnière de cette nouvelle activité dans l’Arc jurassien. Si balades, golf et tennis sont les activités phares de la saison estivales. Les sports d’hiver s’y développent avec la création de patinoires, où évoluer ou jouer au curling, ainsi que l’installation de pistes de ski.

Ce n’est sans doute pas un hasard si les fixations Kandahar sont inventées par Guido Reuge à Ste-Croix.

Jacky Mercier
1 janvier 1937

Le temps des difficultés

Si le Grand Hôtel des Rasses souffre économiquement de la première guerre mondiale, la deuxième lui est fatale : la famille Baierlé, qui y perdra toute sa fortune, doit le céder à la Banque cantonale vaudoise. Cela marque le début d’une période agitée pour cet établissement : réouvert en 1946 après son rachat par des industriels vaudois, il connaîtra deux faillites successives.

En 1968 pourtant, la station des Rasses inaugure de nouvelles installations sportives en même temps que le Grand Hôtel dévoile sa piscine intérieure flambant neuve dans ce sujet de Carrefour.

Une renaissance

En 1986, un couple de Ste-Croix, les Wyssbrod, rachète l’hôtel et le dirigera pendant 15 ans, jusqu’en 2011. En 2012, le Grand Hôtel des Rasses devient propriété du groupe Boas et il se voit accorder la distinction d’Hôtel historique de l’année 2019.

Fort de son histoire mouvementée, le Grand Hôtel des Rasses devenu historique aura donné une impulsion au tourisme dans le Jura vaudois et contribué à la transformation d’un village agricole et ouvrier en une station de sports d’hiver.

En 2013, dans Le Région, Journal du Nord vaudois, l'historien Jean-Claude Piguet qui a consacré à la saga du Grand Hôtel des Rasses un ouvrage intitulé Le rêve d'Edouard disait :

A ma connaissance, le Grand Hôtel des Rasses est le seul des nombreux hôtels de luxe construits sur l’Arc jurassien qui soit toujours en activité.

A consulter également

La galerie Palaces et Grands Hôtels de Suisse : notrehistoire.ch/galleries/pal...

Paillard SA, fleuron de l’industrie vaudoise : notrehistoire.ch/entries/6aW3w...

Sources

Malika Trachsel, « L’histoire touristique des Rasses 1840–1930. Etude du développement du tourisme dans une station de l’Arc jurassien. » Compte-rendu dans E-periodica, Vol. 124, 2016. Online : e-periodica.ch/digbib/view?pid...notrehistoire.ch/tags/293">#29...

« Le Grand Hotel des Rasses près de Ste-Croix : architectes MM Van Dorsser et Bonjour à Lausanne » in Bulletin technique de la Suisse romande, cahier 20, p.233. Online: e-periodica.ch/digbib/view?pid...notrehistoire.ch/tags/1001">#1...

Frédéric Ravussin, « Il y a 100, le Grand Hôtel des Rasses voyait double », in 24 Heures, 14-15 décembre 2013.

Benjamin Fernandez, « Le "Belle époque" des Rasses a 100 ans », in Le Région, Journal du Nord vaudois, 13 décembre 2013. Online : laregion.ch/le-belle-epoque-de...

Claudine Dubois, « L’industrie des étrangers », in La Liberté , 6 novembre 2013.

Frédéric Ravussin, « Du plateau des Rasses, 120 ans d’histoire vous contemplent », in 24 Heures, 19 juin 2018.

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  • Valérie Clerc

    En découvrant ce bel article, l'histoire de la fixation Kandahar m'a intéressée. Pourquoi le nom d'une ville afgahane a été choisie pour le dispositif ? Ce mélange incongru m'a intrigué et la réponse vient d'une célébre épreuve sportive: l'Arlberg-Kandahar. Crée en 1928, cette épreuve est à l'origine de la reconnaissance du ski alpin par la Fédération internationale de ski.

    Son nom composite assemble: "Arlberg", le nom d'un col autrichien — qui sépare le Tyrol du Voralberg — près de Sankt Anton, petite ville de montagne où l'école de ski autrichienne inventa une technique de ski. "Kandahar" ville afghane, dont le nom est porté de manière honorifique par le field marshal britannique « Lord Roberts, de Kandahar, Pretoria et Waterford », lequel avait participé, dans les dernières années du 19e siècle, à la soumission de l’Afghanistan par l’Empire britannique, notamment à la bataille de Kandahar, et qui devint ensuite, en 1903, vice-président du Public School Alpine Sports Club.

    C'est fou comme le monde des fixations peut nous faire voyager! De l'Empire britannique à Ste-Croix, voilà bien une histoire globalisée.

    Source: fr.wikipedia.org/wiki/Arlberg-...

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17 mai 2023
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