Onorio, dit Nono.

octobre, 2021
Serge Goy

Onorio Franchitti, mars 2022.

Dans le petit monde de Croy, très rares sont les personnes à ne pas connaître ce personnage qui n’a pas perdu son accent transalpin même en habitant le village depuis 1963 ! J’en fais ici un modeste portrait.

A cette année, il avait 19 ans et arrivait depuis Cassino, lieu célèbre depuis la dernière guerre mondiale, puisqu’une des batailles contre les Allemands s’y est déroulée. Les alliés avaient demandé à tous les habitants de fuir leur ville avant de la bombarder, car ils pensaient que des Allemands s’y cachaient. Ce n’était pas le cas, mais la ville fut bombardée tout de même et Onorio naquit ainsi chez sa grand-mère habitant un petit village de montagne le 29 février 1944. Son père choisit alors de l’enregistrer le 1er mars pour la raison que je vous laisse deviner. Il se souvient notamment que les gens étaient très pauvres en ce temps-là et qu’il jouait avec une boîte de sardines vide qu’il traînait sur le sol.

Au niveau scolaire, il fit l’école maternelle depuis 4 ans et entreprit une école supérieure dès 11 ans. Peu motivé, il la quitta avec son papier en poche. Plus motivé par le foot qu’il commença à 5 ans, il ne cessa de le pratiquer jusqu’à ses 19 ans, année de son départ pour la Suisse où son père travaillait déjà. Il se rappelle avoir mangé à la gare de Croy à son arrivée et d’avoir bénéficié du français qu’il avait appris à l’école. Très tôt, il fit partie de la jeunesse.

C’est ainsi que Aebi, président, apprit sa présence dans le village, et l’invita à rejoindre le club du village. Il arrivait juste après une époque ou une dream team faisait les beaux jours du club; jusqu’aux années 60, les buts pleuvaient. C’est donc en 1963 qu’il débarque en Suisse et il prend les couleurs du club de son village d’adoption. Il restera au club donc entre 1963 et 2002 comme joueur, entraîneur puis comme président.

C’est là qu’il jouera jusqu’en 1995 parfois tout en entraînant la deuxième équipe. Il sera président pendant 3 ans. Il se rappelle notamment qu’il y eut des élections « présidentielles » entre lui et l’entraîneur de la première équipe. Il en sortit vainqueur lors d’une assemblée à la buvette. Inutile de dire que les relations avec le dit entraîneur ne furent pas les meilleures. L’année suivante, ce dernier était sur le départ pour Bonvillars où le conflit continua pour une affaire de match déplacé entre Croy et Bonvillars. Pour compléter le tableau, sa fille mariera celui qui fut l’entraîneur de la première équipe dans les années 2005, Daniel Pittet. Le foot, ça marque …

De toutes ces années, il gardera quelques souvenirs. En voici quelques-uns.

En 1970, il se rappelle qu’un groupe de la gent féminine anima une partie de football comme pompom girls. L’équipe était alors particulièrement soudée et finissait chaque match au Gaulois.

En parlant du Gaulois, il relève avoir eu, avec le frère du tenancier d’alors, de très bons rapports ; Pierre-Claude Locatelli officiait alors comme entraîneur de la première équipe. Onorio appréciait sa connaissance du foot et sa manière de diriger l’équipe.

Il se souvient d’un match où l’arbitre avertit oralement le gardien de Croy. Il lui dit : « Si vous continuez, je vous avertis ! ». Et le gardien lui répond : « Si vous m’avertissez, je vous envoie une baffe ! ». L’arbitre, sur le coup, lui montre la carte jaune. La réponse du gardien ? La baffe. Sur le coup, l’arbitre arrête le match et part. La suite apparaît vite : le club est convoqué au Tribunal du Sport à Vevey. Il fallut toute la tchatche de Kurt Faessler pour éviter le pire au club. Dans un match amical, un autre arbitre, Blanc-Blanc, accumula les mauvaises décisions. Sous le mécontentement grandissant des joueurs, Blanc-Blanc s’empressa de rejoindre les vestiaires et rentra chez lui.

Il se souvient que le terrain, au départ, était orienté différemment et pas du tout plat. C’est sous la présidence d’André Ogay que l’aspect actuel prit forme. Onorio se souvient alors que les joueurs allaient souvent enlever les cailloux.

Il souligne le mérite de Paulet, fils d’un des membres fondateurs. Il a en effet oeuvré un nombre impressionnant d’années comme homme à tout faire pour le terrain et l’entretien général.

En tant que président, il avait refusé de participer à la récolte de la somme de 100.- par joueur pour payer le transfert d’un ancien international hongrois dessus amis (Kekesi). Le transfert se fit quand même et le Hongrois foula la pelouse du Praz Amiet pendant toute une année. Mais cette affaire financière n’était pas pour améliorer les relations avec l’entraîneur Franchini dont j’ai déjà parlé.

Nono fait partie aujourd’hui des meubles. Il sait toujours l’italien bien sûr, mais vient aussi parler vaudois à la table des anciens dans les réunions du mardi matin au Café de la Gare.

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Serge Goy
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14 mars 2022
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