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René Richard, peintre canadien, parle du Valais_28 Repérage

21 juin 2016
2300, La Chaux-de-Fonds
Claire Bärtschi-Flohr
Claire Bärtschi-Flohr

Extraits tirés d'un livre paru aux éditions Art Global, Montréal, 1990.

"Ma vie passée" , de René Richard, peintre canadien, né en Suisse à La Chaux-de-Fonds.

Voir aussi la biographie du peintre : http://www.notrehistoire.ch/article/view/1787/

René Richard, en 1928, a fait un séjour dans le Val d'Hérens et dans le Val d'Anniviers.

"Avec le retour du printemps, à la porte de Paris, je commençais à avoir la nostalgie de la campagne. Je rêvais de la Bretagne, de l'Ecosse et de la Suisse, toutes en même temps. Sous l'influence de mon ami Stone, j'optai pour la Suisse. Et quelques jours plus tard, nous arrivions à Sion, dans les Alpes. Cette fois-là encore, nous suivions un itinéraire que Gagnon nous avait suggéré et qui s'avéra très adéquat. Après un mois passé dans le Val d'Hérens, nous redescendions dans la vallée du Rhône pour nous rendre à Sierre et ensuite pénétrer dans le Val d'Anniviers.

"Les champs étaient en fleurs et leur parfum agréable se répandait dans toute la vallée. Un soir que nous étions assis, Stone et moi, au bord de la route, nous entendîmes chanter des femmes qui venaient dans notre direction. Nous les observions : elles ne semblaient avoir aucun souci dans la vie. Peut-être n'avaient-elles jamais été plus loin que Genève ? En tout cas, elles chantaient des hymnes suisses et étaient habillées dans leur costume national. Stone me fit remarquer : « Elles ont l'air heureuses et n'ont certainement pas besoin de faire le tour du monde pour l'être. » Stone allait me quitter quelques temps plus tard pour se rendre en Italie.

La vie était des plus simples là-haut dans la montagne. C'était si beau et si rafraîchissant. Jamais je ne vécus de façon aussi économique que cet été là. Les enfants posaient autant que je le désirais sans jamais me demander un sou. Un jour même, j'ai voulu leur offrir de l'argent. : ils refusèrent tout simplement. Je ne pouvais comprendre pourquoi. Mais quand je demandai à une dame de la place, elle me répondit que ce n'était pas leur désir que de faire des quêteux de leurs enfants.

Tous les matins je dessinais aux alentours du village et l'après-midi, en général, je partais faire de la peinture dans la montagne pour revenir tard le soir. Je voyageais rapidement quand je m'en allais en excursion. Je conservais encore mes vieilles habitudes de la forêt (canadienne), ce qui m'aidait énormément lorsqu'il me fallait voyager là où il n'y avait pas de chemin ou de sentier. En descendant les pentes escarpées, je pouvais faire une descente d'au moins mille pieds d'altitude simplement en sautant d'une roche à l'autre en courant, et ce, en quelques minutes seulement. Si bien qu'un après-midi d'octobre, j'arrivai soudainement sur deux femmes qui ramassaient du pin d'arole. Elles poussèrent des cris de frayeur en me voyant surgir. Voyant cela, je bifurquai et, sans m'arrêter, je continuai jusque dans la vallée.

Plus tard, je rencontrai ces deux femmes en compagnie d'une dame qui tenait un magasin et que je connaissais bien dans le même village que j'habitais. Elles me reconnurent et me pointèrent du doigt en riant. Aussi clair que le soleil dans le ciel, elles avaient cru que je m'étais évadé du bagne !

La neige qui glissait un peu plus bas sur les pentes des montagnes chaque fois qu'il pleuvait me disait que l'automne avançait. Avec regret, je voyais arriver le jour où je devais quitter ce merveilleux coin de pays. J'aimais aussi les habitants car ils étaient simples et avaient bon cœur. J'en ai toujours gardé un souvenir inoubliable.

Puis je traversai la Suisse en direction de Paris, emporté par le train. Je me retrouvai ainsi encore une fois dans les artères parisiennes ; je retournai fréquenter les vieux endroits, revoir les connaissances et ensuite me remettre au travail avec une nouvelle ardeur. Je m'étais refait une santé dans les Alpes."

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  • Martine Desarzens

    Chère Claire, un très grand merci pour ce séjours de René Riuchard au Valais ! C'est si bien écrit que l'on est dans le sujet avec cet artiste...J'ai beaucoup aimé le phrase d'une femme valaisanne parlant des enfants qui avaient refusé de l'argent pour poser pour l'artiste : "Mais quand je demandai à une dame de la place, elle me répondit que ce n’était pas leur désir que de faire des quêteux de leurs enfants." chacun de vos documents nous permets de belles découvertes d'un temps passé ! Amicalement. Martine

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