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Portera-t-on la jupe pantalon en 1911 ?

Portera-t-on la jupe pantalon en 1911 ?

8 avril 1911
ND phot. ; collection Pm Epiney
Pierre-Marie Epiney

La mode de Paris a sans doute beaucoup intrigué les Suisses. Preuve en sont ces 4 cartes postales postées à Emmenbrücke en avril 1911.

Cette série présente quelques élégantes de la "Belle époque" . On y souligne l'accueil plutôt frileux, voire indigné du public. Mais, passée la première surprise, la "jupe-culotte fait la joie des habitués [de la Comédie-Française] intrigués par ces dessous mystérieux et nouveaux."

Une "grave" question est posée à l'adresse de l'acheteur de ces cartes postales "innovantes": "Portera-t-on la jupe-pantalon en 1911 ?"

notrehistoire.imgix.net/photos...

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« Le pantalon de 1911, indépendamment du type auquel on peut le rattacher, en se posant comme alternative à la gêne occasionnée par les jupes entravées de l’époque, modifie sans conteste la démarche. Passer d’une déambulation à petits pas (qui devait d’ailleurs se transformer en sautillement à la vue de l’omnibus sur le point de démarrer) à des enjambées plus larges, est d’une certaine façon basculer du monde des femmes dans celui des hommes, seuls à pouvoir bénéficier de cette amplitude qu’un vêtement « bifurqué » autorise. »

... « Si une silhouette charmante se présente à moi, ainsi habillée, alors que la femme sera extrêmement jeune et jolie, et si tout le reste de sa toilette est d’un goût sûr, je serai probablement ravie de ce que j’aurai sous les yeux… Si, par contre, une volumineuse personne à la démarche dénuée de grâce s’embarrasse de ce travesti oriental j’évoquerai de suite l’image de la mère de Fatma et je m’étonnerai seulement de ne pas voir son corsage trembler de tous les sequins de Tunis. Si la culotte est portée dans un endroit fait pour le luxe et l’élégance, je ne m’étonnerais de rien : si, dans un bureau d’omnibus, alors que la pluie ruisselle au dehors, une femme se montre ainsi pantalonnée, les pieds trempés, je penserai que la petite jupe courte, en serge, a plus de grâce pour dissimuler le manque d’élégance », lit-on dans "l’Art et la Mode" ; ou encore : « prenons la jupe-pantalon pour ce qu’elle – ou il – est : un caprice ; il sera séduisant et d’une discrétion appréciable porté par certaines femmes jeunes et minces, qui seront quand même une infime minorité, prises dans l’ensemble des élégantes ; il sera disgrâcieux et déplaisant porté par une autre minorité choisie dans la foule, dans la rue ».

Article de Lydia Kamitsis « le pantalon féminin » dans la Revue d’Archéologie moderne et d’Archéologie générale, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, Paris, janvier 1999

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Pierre-Marie Epiney
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12 juin 2020
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