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Repérage
Rentrée dans l'église de Pregny

Rentrée dans l'église de Pregny

17 octobre 1897
Inconnu
Jérémy Toma

« Rentrée dans l'église de Pregny »

"Kulturkampf" genevois à Pregny-Chambésy :

Lors de son arrivée à la présidence du

Conseil d'État en 1870, Antoine Carteret mena une politique anti-catholique romaine. Le 18 février 1873, il fit voter une loi décrétant une religion d'Etat (toutes les églises et paroisses catholiques romaines doivent se convertir à une nouvelle religion créé et gouvernée par l'État : le culte catholique dit "national" (ou vieille catholique, ou catholique-chrétien)). Les prêtres refusèrent de se soumettre, les catholiques se rebellèrent et toutes les communes catholiques s'organisèrent, soit en aménageant des lieux de cultes dans des granges, soit en construisant une nouvelle église.

Malgré cette loi, le Conseil municipal de Pregny, étant propriétaire du bâtiment, décide que l'église continuera à être affecter au culte

catholique romain. Le 18 août 1875, les autorités du Département de l'Intérieur du canton de Genève demandèrent les clefs de l'église au maire, M. Panissod, qui refusa d'obéir aux ordres. À la suite de ce refus, les autorités cantonales changèrent les serrures de la porte de l'église prenant ainsi le contrôle de l'édifice et l'obligeant d'exercer le culte catholique dit "national". Le 24 août 1875, M. Panissod, fut révoqué de ses fonctions de maire par le Conseil d'État. Le Conseil municipal déposa donc un recours au Tribunal fédéral contre violation de la propriété privée.

En 1876, le

Tribunal fédéral rejettera le recours et se prononcera en faveur du Conseil d'État. Les habitants de Pregny, refusant d'utiliser l'édifice par fidélité à leur commune, célèbrent l'office catholique romaindans la grange de M. Deville, devenu maire entre-temps.

Le curé, lui, tient son culte catholique dit "national" dans l'église pour un seul auditeur. Trouvant la situation ridicule, il omit de s'y rendre un dimanche et le conseil supérieur de la paroisse le suspendit de ses fonction et ferma définitivement l'église.

Le 4 février 1881, une pétition de la part des habitants fut remise au Conseil municipal demandant de pouvoir louer le bâtiment de l'église, fermé depuis cinq ans, pour y célébrer le culte catholique romain.

Le 2 octobre 1896, l'état de l'église est déplorable; une rénovation doit être faite. Le Conseil municipal demanda au

Conseil d'État d'accorder aux citoyens catholiques romains habitant la commune, l'usage de l'église, toujours propriété communale, pour la célébration de leur culte. Le 29 mai 1897, Gustave Ador, chef du gouvernement genevois à cette époque, répondit favorablement à la demande du Conseil municipal.

Le 10 août 1897, la commune de Pregny effectue une rénovation complète du bâtiment pour enfin réouvrir l'église au culte

catholique romain.

Les catholiques romains de Pregny-Chambésy retrouvent enfin leur église après 22 ans de luttes confessionnelles.

Photo retrouvée dans la cure de Pregny après sa rénovation. Aujourd'hui exposée dans la sacristie.

Page Wikipédia de l'église : https://fr.wikipedia.org/wiki/Église_Sainte-Pétronille_de_Pregny-Chambésy

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