Comptoir suisse: zoo humain ?

Comptoir suisse: zoo humain ?

28 juillet 1925
inconnu, collection Pm Epiney
Pierre-Marie Epiney

Au dos de cette carte circulée par avion de Lausanne à Zürich mais destinée à Berne, l'oblitération m'a interpellé :
19-31 juillet 1925, LAUSANNE, Comptoir Suisse et Foire Coloniale, POSTE AERIENNE

Désireux d'en savoir plus sur cette foire coloniale, une petite recherche sur le web m'a appris que "En 1925, à l’occasion de la Foire coloniale organisée par la direction du Comptoir suisse, un « village noir » est installé sur l’esplanade de Beaulieu : 70 personnes originaires du Sénégal et de Guinée, arrivées à Lausanne par l’intermédiaire d’un entrepreneur spécialisé dans ce type de « spectacles », y résident durant un mois. Elles y sont offertes aux regards et aux observations des visiteuses et visiteurs du Comptoir. Héritage sinistre de la pratique des zoos humains, qui remonte au début du 19ème siècle, le « village noir» du Comptoir suisse est aussi l’expression des velléités d’expansion commerciale d’un pays qui ne possède pas de colonies". [source]

Autre temps, autres mœurs !

Le dos de la carte : un régal pour les yeux du philatéliste :

notrehistoire.imgix.net/photos...

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  • Valérie Clerc

    L'histoire de la Suisse et des questions coloniales reste à faire. Le Dictionnaire historique suisse DHS s'attèlera prochainement à la question...

    Dans l'immédiat il faut relever que la thématique du "village" était perçue à la fin 19e et au début du 20e siècle comme l'équivalent buccolique d'un "microcosme", soit un milieu propice à d'étude et à la comparaison.

    Un des premiers "villages" présenté en Suisse lors d'une exposition publique est le célèbre "village suisse" de l'Exposition nationale de Genève en 1896. Proposé par l'agronome Charles Haccius (1854-1933), ce village devait révélé au public la quintessence de l'esprit helvétique. Bâti, décoration et bétail étaient ici convoqués pour créer, ce que l'on appelerait aujourd'hui, une expérience immersive, capable de frapper les visiteurs.

    Lors de cette même manifestation, un "village noir" ou "village nègre", selon la terminologie encore usitée à l'époque, était aussi à découvrir. Plus petit que le "village suisse", il n'en était pas moins décrit comme une "grande attraction". Eloi Contesse, de la Bibliothèque de Genève en livre une analyse détaillée dans le blog suivant: blog.bge-geneve.ch/le-village-...

    • Renata Roveretto

      Chère Valérie,

      Oui c'est une bonne chose de relever ses faits et cela me fait penser au film " Elephant Man " , film qui est tiré d'une histoire vraie. Son visionnement pour certain(e)s simple passe temps et pour les gens ayant reçus un ingrédient de plus que ces gens là, une véritable horreur qui touche au plus profond et qui doit faire réagir et ne pas restée sans suite dans le bon sens

      Extraits du Film:

      En 1884, à Londres, John Merrick, dit « l'homme-éléphant » (John Hurt), est un phénomène de foire — comme nombre d'êtres humains affectés de difformités ou d'anomalies physiques congénitales graves — « appartenant » à un nommé Bytes (Freddie Jones). Intrigué par la terrible apparence visuelle de l'homme-éléphant, le Dr Frederick Treves (Anthony Hopkins), grand chirurgien de Londres, demande à Bytes de pouvoir l'examiner. Le praticien découvre alors un être âgé de 21 ans ne semblant pas pouvoir s'exprimer oralement, horriblement déformé, présentant d'atroces difformités monstrueuses que lui, médecin réputé, n'a, de sa vie, encore jamais vues de ses propres yeux.

      Acculé dans des toilettes publiques de la gare de Londres, il hurle, dans sa détresse, qu'il est « un être humain ».

      Après avoir assisté à un spectacle dans un grand théâtre, sur invitation de la grande comédienne Madge Kendal (en) qui l'a pris en amitié, John, qui se sait condamné, se donne la mort en décidant de s'endormir « sur le dos », pour la seule et unique fois de sa vie, comme un « homme normal ». Il sait parfaitement que cette position lui sera fatale — celle-ci l'empêchant de respirer — et qu'il sera incapable de se redresser seul, en raison du poids de sa tête. Sa dernière pensée est pour sa mère, lui disant « rien ne meurt jamais ».

      « Ce film est fondé sur l'histoire réelle de John Merrick, l'homme éléphant, et non sur la pièce du même nom ou sur toute autre œuvre de fiction. » (Wikipedia)

      Pour mieux comprendre le sens de ce film :

      youtube.com/watch?v=w0sqTlpWLO...

      Amicalement Renata

Pierre-Marie Epiney
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5 décembre 2023
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