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Repérage
Etat de choc à Bovernier en octobre 1935

Etat de choc à Bovernier en octobre 1935

3 octobre 1933
Pierre Auguste Chappuis
Philippe Chappuis

Comment se fait-il que Pierre Auguste Chappuis se trouve à Bovernier, le 2 ou plutôt le 3 octobre 1933, je ne sais pas, comment a-t-il été averti, pas de réponse mais c'est certain que la photographie qu'il a prise est , pour moi, d'une grande valeur, journalistique, par la présence dans ces décombres fumant encore de quelques silhouettes humaines dont on ne peut s'empêcher de penser qu'elles sont atterrées et désespérées: 52 (?) maisons et bâtiments détruits et 2 morts..

L'image de Colin Paccolat est très puissante également

Et que dit la presse. Le Journal de Genève du 3 octobre 1933 donne un récit pathétique de l'intervention des pompiers, emprunté à un journal local.

"Martigny 2 octobre.

Les pompiers de toutes les communes voisines, de Martigny, Vernayaz, Monthey, de la commune de Bagnes ainsi que la pompe de Lourtier, sont arrivés rapidement sur les lieux et ont contribué à sauver les restes du village. L'Eglise et la maison communale ont été épargnées....

On déplore deux morts : un enfant de six mois et M. Robert Cretton, 40 ans qui a péri dans les flammes alors qu'il essayait de sauver son mobilier.

Le feu a détruit 38 bâtiments, maisons d'habitation en pierre, granges et écuries ; 26 ménages sont sans abri.

La mère de l'enfant resté dans les flammes a réussi à sauver trois autres de ses enfants, mais ayant perdu la tête, elle ne s'aperçut pas de l'absence du quatrième.

La deuxième victime, un homme de 40 ans M. Robert Cretton, chervrier, dormait dans une grange et fut si gravement blessé qu'il succomba peu après son arrivée à l'hôpital de Martigny.

On ignore les causes du sinistre. Le feu a pris dans la boucherie et s'est rapidement étendu par suite d'un fort vent du sud. Le village était doté d'hydrants, mais par la suite de l'utilisation simultanée de plusieurs hydrants , la pression d'eau ne fut pas suffisante.

D'autre part, les tuyaux à disposition ne permettaient pas de pomper l'eau de la Dranse ; de plus le téléphone reliant Bovernier à Martigny ne fonctionnait pas. Il a fallu descendre à motocyclette pour demander du secours.

La pompe de Martigny s'est rendue sur les lieux , où elle fut employée pendant une heure et demie, puis cessa de fonctionner. On dut avoir recours à la pompe de Lourtier et à celle de Monthey. Les victimes du sinistre ayant dû s'enfuir en toute hâte sont complètement dépourvus de vêtements"

Bovernier avant l'incendie en 1912 (Louis Burgy)

Philippe Chappuis
17 décembre 2020
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  • Renata Roveretto

    Il est fort possible, qu'ils existent de nos jours encore, ces quelques personnes pour lesquels, de devoir ou de pouvoir revoir ces instants en images risquerai chez eux de faire resurgir un effet insoupçonné ...autant de plus que la prise de vue venant de monsieur Pierre-Auguste Chappuis contient une force d'expression inouï !

  • Albin Salamin

    Il est vrai que ces grands incendies de villages restent quelque chose de marquant et pour plusieurs générations. Nos parents ont également été très marqués par les deux incendies du village de St-Luc.

    Pierre-Marie Epiney nous montre également des documents sur ces villages disparus et parfois reconstruits

    Un très grand merci pour ce partage et ce témoignage

    Albin

    • Philippe Chappuis

      Merci à tous les deux, Renata et Albin, de vos réactions, vos réflexions, des liens proposés qui permettent, en les écrivant, de les répercuter sur des événements de même nature, et nourrit ainsi le partage entre nous !

    • Renata Roveretto

      Cher Philippe Chappuis, très touchée par votre forte sensibilité humaine, ainsi que par votre ouverture d'esprit et la reconnaissance exprimée pour un partage avec autrui. Merci à vous et à Albin Salamin.

Philippe Chappuis
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17 décembre 2020
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