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Repérage
Un fugitif à la prison de Shaffhouse

Un fugitif à la prison de Shaffhouse

18 février 1941
Claire Bärtschi-Flohr

notrehistoire.imgix.net/photos...

Ma toute petite Chérie, des baisers, Chouquette. Je t'écris depuis la prison de Schaffhouse où je suis enfermé, en attendant la décision des autorités suisses de police. Je me suis évadé, vendredi soir à 9 heures de Moosburg en compagnie de Pierre Arnaud, un camarade parlant l'allemand. Sans autre, nous avons pris le train jusqu'à Immendingen, village allemand à 20 km de la frontière. Et de là, à pied, à la barbe des douaniers allemands, des chiens, fusils et autres instruments désagréables. Te raconterais tout cela en détail plus tard, Nouette. Accueillis très gentiment à Bargen le 17 à 4 heures du matin par les douaniers suisses, nous avons été dirigés sur la prison de Schaffhouse, séjour hélas indispensable pour l'exécution des formalités de police. Je m'empresse de leur dire d'ailleurs que le régime y est au mieux. Peux-tu, Nouette chérie, voir si par Charvoz, Mage (Croix-Rouge) etc. ma libération et celle de mon camarade peuvent être accélérés. Peux-tu aussi envoyer à Mme Pierre Arnaud, institutrice à THEYS (Isère) pour lui dire que son mari est évadé et arrivera bientôt. S'il te plaît, Chérie. Je n'ai pas besoin d'argent, mais tu peux m'écrire ici. Tu comprends, mon Amour, mon impatience à regagner Genève. Que de doux instants en perspective. Je termine ma Renée. Patience encore quoique ici, cela me paraîtra plus dur que là-bas: si si près. Des baisers à tous, maman, et à notre petit .... bijou. Je t'aime, Chouquette, je te serre fort fort sur mon cœur et baise tendrement, mais classement (à cause d'une culture toujours pudique). Tes douces lèvres chéries. Ton Gamin, ma Gaminette, à très bientôt j'espère. Ton Grand, Chérie Chérie.

Lettre d’Albert Flohr (1911-1976) à Renée Flohr-Champendal (1913-1990), envoyée de la prison de Shaffhouse, à son arrivée à la frontière suisse, après son évasion du camp de prisonniers de Moosburg, près de Munich, en Allemagne.

Voir, sur notre histoire, "Récit de deux évasions" :

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  • Michel Savioz

    Beau et émouvant, merci du partage

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