Nous analysons de façon anonyme les informations de nos visiteurs et membres, afin de leur fournir le meilleur service et satisfaire leurs attentes. Ce site utilise également des cookies, notamment pour analyser le trafic. Vous pouvez spécifier dans votre navigateur les conditions de stockages et d'accès aux cookies. Voir plus.
Repérage
Sources du Morand, nappe phréatique et puits filtrant

Sources du Morand, nappe phréatique et puits filtrant

1946
Pierre Auguste Chappuis
Philippe Chappuis

Pierre Auguste Chappuis, municipal des domaines, a suivi les travaux de forage du second puits filtrant du Morand en 1946, celui de 1925 n'étant plus à la hauteur de la consommation d'eau potable d'après-guerre.

Le sommet de la nappe phréatique du Morand, correspondant aux sources du Morand, situé entre Montricher et Villars-Bozon, se trouve dans le domaine acheté, avec beaucoup d'a-propos, par les autorités de la commune de Morges en 1907. Dans son état naturel, les sources donnent naissance, en l'alimentant généreusement, au ruisseau Le Morand dont le trajet est court avant de se jeter dans le Veyron. Ce dernier, s'écoulant vers le Nord-Est, en direction de La Sarraz, se jette dans la Venoge à la Tine de Conflens.Les sources correspondent au point où le niveau supérieur de la nappe coupe la surface.

Les photographies du forage du puits filtrant du Morand m'ont donné l'occasion de revisiter l'extraordinaire phénomène géologique, si précieux pour le vivant, que représente une nappe phréatique. Cet intérêt a donné naissance au commentaire de la photographie ci-dessous

Avant le captage proprement dit, différents sondages doivent être effectués à plusieurs endroits pour évaluer le potentiel aquifère, la qualité de l'eau, la vitesse de son déplacement et la position de la surface supérieure de la nappe, le niveau piézométrique par rapport au sol, ce qui va dicter la profondeur de pénétration du tube filtrant. En 1946, le puits construit sera de 2 mètres de diamètre et 11 mètres de profondeur.

Il fallait ensuite comprendre comment se construisait un puits filtrant. Je me suis basé sur l'article de C. Glapey de 1926 paru dans le Bulletin technique suisse archivé à l'ETH et sur un autre article daté de 1941, de P. Lenoir ingénieur genevois, mieux illustré et plus récent sur la construction d'un puits filtrant.

Le principe du captage est de mettre en place dans le sol, dans la zone occupée par la nappe phréatique, un tube d'un diamètre inférieur au mètre, perforé de trous de quelques millimètres que l'on va entourer d'une couche filtrante de sable et de graviers de dimension variable, plus fins à la périphérie et plus grossiers au contact du tube (d'ou le terme de puits filtrant). Le diamètre de l'ensemble du puits atteint ici 2 mètres.

Mais pour ce faire, il faut créer le puits proprement dit. On commence par creuser le terrain, jusqu'au niveau supérieure de la couche aquifère (phréatique). En-dessous de cette excavation, dans un terrain plus meuble, on fonce un tube de sondage du diamètre du puits filtrant (2 m). Ce tube est constitué de plusieurs tuyaux métalliques. Puis on charge ce tuyau au moyen de très gros poids. En même temps, on enlève le sable et le gravier qui se trouvent au milieu du puits tubulaire, ce travail, particulièrement laborieux, était réalisé au moyen de pompes à gravier. Avec cette méthode, la profondeur du puits progressait d'un mètre par jour. Une fois le puits foré, étayé par le tube de sondage, vient alors la mise en place du tube de filtrage perforé, constitué de segments soudés les uns aux autres. C'est dans ce tube qu'apparaîtra, au terme de ce long travail, l'or bleu, l'eau potable en provenance de la nappe phréatique. Mais auparavant il faudra, opération délicate, enlever le tube de forage, et, dans l'espace entre le tube de filtrage et la paroi, introduire un mélange de gravier qui fera office de barrière filtrante. Le tube filtrant va se remplir d'eau potable que l'on dirigera vers des conduites de raccordement et des réservoirs (comme celui de Haute-Pierre à Echichens). L'eau est mobilisée soit par un siphon hydrostatique ou par une pompe immergée dans le tube filtrant !!

La photographie de titre ainsi que celles ci-dessous montrent des éléments évoqués dans cette description, à droite pourrait se trouver la pompe à gravier, les tubes à enfoncer sont visibles également. Le puits se trouve au devant de la tour, recouvert en partie par des planches permettant l'accès central. A gauche, deux tas de sable et de gravier avec un treillis (une claie) permettant le tri. Comme dans tout chantier l'électricité a été câblée jusqu'au tableau électrique. On peut même repérer une lampe baladeuse.

Le schéma ci-dessous d'un puits filtrant aide à la compréhension du travail entrepris au Morand (C.Glapey)

La lecture de cet article sur les puits au néolithique... replace plus profondément l'histoire des puits dans celle de l'humanité. Cette réflexion aura contribué à éclairer ma conscience, avec le bon effet que je ne boirai plus jamais de l'eau du robinet de la même façon désinvolte qu'auparavant...Il n'est jamais trop tard !

Vous devez être connecté/-e pour ajouter un commentaire
  • Renata Roveretto

    Cher monsieur Philippe Chappuis, oui la prise de conscience accompagne souvent l'Homme qui remonte des profondeurs...merci à vous très cher Philippe !

Le Lab
notreHistoire.ch vu à travers des jeux et des expériences singulières !
Le réseau notreHistoire
Sponsors et partenaires
104,193
6,469
© 2021 FONSART. Tous droits réservés. Conçu par High on Pixels.