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Symphonie UBAH

1959
Fred Schmid (réalisation), Schmid-Film (production), Union des branches annexes de l’horlogerie-UBAH (commanditaire)
Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds

Original : Film 35 mm ; réduction 16 mm ; couleur ; sonore ; 342 m, 12’30’’

Symphonie UBAH de Fred Schmid est une œuvre produite pour « l’Union des Associations de fabricants de parties détachées horlogères », alors basée à La Chaux-de-Fonds, nommée ainsi par le générique. Conçue sans commentaire, elle est basée sur une musique originale de Julien-François Zbinden.

Le commentaire inédit, écrit par le compositeur à l’occasion de la première projection, dit toute l’originalité du projet par rapport au film de fabrication traditionnel, une originalité reconnue et appréciée par les journalistes qui en firent la recension :

« Il est d’usage, dans l’art cinématographique, de ne se préoccuper de la musique que lorsque le film est entièrement terminé. Elle hérite alors de toutes les servitudes de l’image comme du texte. Servitudes qui peuvent quelquefois –c’est assez rare –contribuer à sa valeur.

Dans le film Symphonie UBAH, le postulat fut exactement inverse : il s’agissait d’écrire une musique dont le déroulement conditionnerait l’image. De plus, ce serait un film muet : seule la musique aurait la parole ! Inutile de souligner l’aubaine que représentaient pour le compositeur des exigences aussi inespérées...

La trame du scénario était fort simple : une partie «réaliste» animée par les machines servant à la confection des pièces de la montre ; une autre, «fantaisiste», transposant en quelque sorte la première dans un univers de grâce, de légèreté et de beauté, animé par les évolutions d’une danseuse.

J’avais donc à écrire une musique d’atmosphère et un ballet, qui tous deux détermineraient les vues des machines et la chorégraphie.

Concernant la partie «réaliste» et après avoir visité quelques usines, je décidai d’évoquer les machines en commençant par les plus lourdes et en terminant par les plus petites. Progression naturelle d’un raffinement conduisant bien le sujet vers sa transposition artistique. Quant à la partie «fantaisiste», la succession des éléments à évoquer –boîtes, ressorts, bains, pignons, verres, pierres, échappement, cadrans, aiguilles –fut établie d’entente avec le producteur.

Une obligation d’ordre strictement musical : trouver un thème qui puisse être facilement accessible au public et qui conditionne, de ce fait, la matière musicale.

Évoquer des pièces d’horlogerie parla musique et la danse pouvait sembler une gageure pour le moins prétentieuse. Il appartient maintenant au public de nous renseigner. Pourtant, je reste intimement persuadé qu’on a trop tendance, de notre temps, à différencier l’artiste de l’artisan. Il y a, dans tout créateur, nécessairement, de l’un et de l’autre.

D’ailleurs, l’Horlogerie et la Musique obéissent au moins à deux dénominateurs communs : la Précision et la Beauté. Il n’en fallait pas plus pour que ce film fut possible. »

Le film fut présenté pour la première fois à Berne le 21 septembre 1959, au cinéma Rex. Il figura en 35 mm parmi les courts métrages distribués par Colombus-Film, Zurich (on le trouve par exemple à l’affiche du Cinébref de Genève, au début du mois d’octobre de la même année)et fut diffusé en 16 mm dans les circuits de la promotion économique, comme en témoigne sa présence dans le catalogue de l’Office suisse d’expansion commerciale. En 1993, la participation au film de la danseuse vaudoise Brigitte Monneyron (1928 -1970) fit redécouvrir Symphonie UBAH grâce à l’exposition De Diaghilew à Béjart: Lausanne danse (1915 -1998), au Musée historique de Lausanne, où il fut projeté le 28 octobre 1993.

Installé à Bienne, Fred Schmid (1912 –1996) réalisa et produisit des films depuis la deuxième partie des années 1930. La Cinémathèque suisse conserve de sa production une cinquantaine de films de commande publicitaire ou industrielle, en 35 mm et en 16 mm, principalement pour l’industrie horlogère et datant surtout des années 1950 -1970.

Le Vaudois Julien-François Zbinden (*1917) étudia le piano au Conservatoire de Lausanne puis avec la célèbre pianiste Marie Panthès. Passionné de jazz, il embrasse la carrière de pianiste dans les établissements dansants de 1938 à 1947. Devenu chef du service musical de Radio-Lausanne en 1956, puis chef-adjoint des émissions musicales de la Radio Suisse Romande, Zbinden composa plus d’une centaine d’œuvres lyriques, instrumentales et vocales.

Symphonie UBAH est sa première contribution pour l’écran. Il composera la musique de quatre films d’Henry Brandt, dont La Suisse s’interroge(1964), également conçue sans autre son que musical, et Vision du paysage sur des tableaux de F. Hodler (Herbert E. Meyer, 1968).

Créée en 1927, l’Union des branches annexes de l’horlogerie, nommée Union des Associations de fabricants de parties détachées horlogères dans le générique, regroupait, en 1959, dix-huit groupements de fabricants, six-cent septante-cinq entreprises, plus de trente-mille ouvriers.

Sources : Julien-François Zbinden, Symphonie UBAH: La Musique; texte dactylographié, s.d., dossier Zbinden, DAV ; Journal de Genève, 22 septembre 1959, p. 2 ; Journal de Genève, 22 septembre 1959, p. 2 ; Gazette de Lausanne, 30 septembre 1959, p. 3 ; OSEC 1965, p. 38 ; UBAH 1927/1977, Union des associations de fabricants de parties détachées horlogères, La Chaux-de-Fonds, UBAH, (Courvoisier, La Chaux-de-Fonds), 1977 ; Claude Tappolet, Julien-François Zbinden, compositeur, Georg, Genève, 2010 ; communication de Julien-François Zbinden, 10 juillet 2019.

Réf. Aude Joseph avec la collab. de Roland Cosandey, Neuchâtel, un canton en images : filmographie tome 2 (1950-1970), Neuchâtel, Alphil , 2019.

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  • René Gagnaux

    Tout est passionant dans votre superbe contribution: texte du descriptif, film et musique! Et en plus avec l'Orchestre de Chambre de Lausanne dirigé par Victor Desarzens, ainsi que le compositeur au piano!

    Merci pour ce partage!

19 novembre 2020
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