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Sierre, arrivée des internés français

Sierre, arrivée des internés français

6 février 1916
F. Monnier, phot,. Montana, no 4006, coll PM Epiney
Pierre-Marie Epiney

CP non voyagée et faisant mémoire de l'accueil des internés français à Sierre le 6 février 1916.

Voici l'évocation de cet accueil sous la plume d''Edmond Bille :

"Le convoi destiné à la station valaisanne nous était arrivé un beau matin de février 1916. Sierre s'était mise en frais pour le recevoir. Sur chaque façade les drapeaux suisses et cantonaux mêlaient leurs couleurs vives à celles du Pape et de la République. La cité du Soleil débordait de bonnes intentions hospitalières et décoratives et affichait, sous des arcs de triomphe hâtivement construits ses souhaits de bienvenue « aux héros de la grande guerre ».

Bravant un froid de Chandeleur, la foule se pressait dans les rues comme à la kermesse. On se bousculait avec une hâte joyeuse et loquace, chacun voulant être au premier rang pour mieux voir. Bien avant l'heure prévue, la petite ville en habits de fête attendait, haletante…

Le train spécial s'était engagé sur une voie de garage, timide, hésitant, silencieux comme un cortège funèbre. Un instant, on avait vu cent mains maigre et jaunies agiter des mouchoirs et des képis rouges. Partie des portières ouvertes, une clameur montait dans l'air glacé, mais elle était retombée aussitôt, telle une flamme que rien n'alimente.

La foule déçue, saisie de pitié, restait interdite et presque atterrée. La joie aussi s'était subitement éteinte dans les cœurs. Ils battaient maintenant comme des tambours voilés de crêpe. Avec cette fanfare qui jouait l'hymne suisse, on pouvait se croire autour d'une tombe.

On était venu là comme à un joyeux spectacle, impatiemment attendu. Et le rideau s'était levé sur la guerre ! Et la guerre, en se découvrant, saluait ce peuple en liesse avec un rire effroyable et cynique.

texte paru dans "le Carquois vide" aux éditions la Baconnière, 1939

Nouvelliste valaisan du 30 août 1917:

Opinion du général Cherfils
Dans l'Echo de Paris, le général Cherfils de retour d'une visite aux blessés français en Suisse rapporte leurs propos. (...)
Au cours de son article, le général se fait l'écho de la reconnaissance des blessés français pour les soins affectueux et dévoués dont ils sont l'objet dans toute la Suisse. Ils y renaissent. Après avoir été traités plus durement que des bêtes, ils s'étonnent de redevenir des hommes.

Voir aussi

carte 1carte 2carte 3extrait du Nouvelliste valaisan du 23 mai 1916

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