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Une bien curieuse estampe

Une bien curieuse estampe

Meisner-Kisner, collection Pm Epiney
Pierre-Marie Epiney

Cette curieuse estampe (gravure sur cuivre) de 1624 ou 1638 montre de façon assez fantaisiste Sion.

Au premier plan, à l'étroit dans ses murailles, la ville dont la cathédrale paraît surdimensionnée.

Au second plan la dent de la Majorie puis ... 3 châteaux. L'imagination de l'artiste a fait naître un troisième château sur une sorte de plateau. Valère est tout à fait reconnaissable. Quant à Tourbillon, on peine à le reconnaître.

Dans le lointain, une personne a reconnu le glacier d'Aletsch.

Cette oeuvre est répertoriée dans "l'Estampe topographique du Valais" ouvrage aimablement signalé par l'historienne d'art Sophie Providoli. Ce livre précise l'appartenance de cette estampe au "Thesaurus philo-politicus" de Meisner-Kieser , " un recueil de citations bibliques, de devises et d'aphorismes illustrés par des emblèmes souvent assortis de paysages, genre d'ouvrages très appréciés dès le 16e siècle."

La représentation de la ville ne sert en fait que de décoration au texte. Il ne faut pas chercher de lien entre le texte et l'image.

La signification du texte

Le titre «Deus est pressis subventium» signifie "Dieu est le soutien des opprimés".

Quant au texte figurant sous la gravure, selon Monique et Ebo Aebischer (dr en théologie), le texte allemand censé traduire le latin dit ceci:

"Unter dem traurigen Kreuz hab ich gesehen viel vermehren sich" - qu’on peut traduire par: "Sous la triste croix, j'ai vu beaucoup se multiplier"

et "Hab auch gesehen, dass Gott der Herr ein Hilfe ist den Betrangten schwer“, trad. par "J'ai également vu que le Seigneur Dieu est une aide pour ceux qui sont très affligés."

L'interprétation de l'oeuvre

Selon l'abbé François-Xavier Amherdt, professeur à l'université de Fribourg,

"C’est une sorte de tour, représentant l’Eglise et sa médiation. Le cœur des baptisés, pris en étau par les forces d’oppression, de mensonge et de violence, et ainsi laissant jaillir du sang. A l’exemple du Sacré Cœur du Christ, ouvert par la lance, d’où jaillissent du sang et de l’eau (Jean 19). Une croix surmonte le cœur, cela peut être un croix d’oppression – ou de compassion. Et le bras du Père qui vient briser l’instrument de torture par la hache du salut."

Une dernière précision

Anton Gattlen signale que le paysage de cette estampe est repris d'une oeuvre de Johannes Stumpf datant de 1548. Il précise que ce sont des représentations imaginaires qui forment des images-types souvent reprises.

notrehistoire.imgix.net/photos...

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Pierre-Marie Epiney
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7 septembre 2020
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