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Jacques                   Benoit                  nostalgique.

JACQUES BENOIT (à gauche, en compagnie de Georges Golaz).

SOUVENIRS.

C’est en ce mois de janvier que je suis allé chez Jacques Benoit, à Croy. Il est né en 1927 au village. Vous pouvez le voir tout jeune avec sa soeur sur une des photos de la galerie. Il m’a livré quelques souvenirs du passé que je vous livre ici, un peu bruts. Il semblait nostalgique en parlant du village "d'avant". Peut-être comprendrez-vous ce sentiment au travers de ces quelques exemples. On le voit ici, à gauche sur la photo, en train de partager ses souvenirs avec Georges Golaz qui fait aussi l'exercice de nous fournir ses souvenirs dans un autre récit.

Les municipaux allaient préparer les mises de bois, principalement du chêne. On écorçait le chêne pour la tannerie du village. Ils allaient avec de la peinture pour marquer les arbres qui ne seraient pas abattus. Au jour dit, on sonnait la cloche pour partir à la mise.

On misait aussi les chevaux qui allaient ouvrir les rues avec le triangle quand il y avait de la neige. Des personnes étaient là au passage avec leur pelle pour compléter le travail de déneigement.

Il y avait un boulanger (un fournier) qui payait pour faire le pain. La commune lui fournissait le bois qu’il devait aller bûcheronner lui-même. Elle lui donnait des lots impossibles à aller chercher, par exemple en bas de la chute du Dar. Il devait tout remonter à bras …

On misait aussi pour nettoyer les fontaines. Les gagnants devaient payer pour les lave. Leur récompense, c’était les beuses des vaches qu’ils pouvaient garder pour leur jardin.

Jacques est né juste avant la guerre. Il se rappelle avoir vu son père partir au service. Ils allaient le samedi matin au collège pour retirer les bons de rationnement : pain, sel, sucre, viande. Les gens étaient contingentés pour éviter le marché noir.

Il faut savoir que je suis petit-fils de boulanger à Arnex/Orbe. Un souvenir m’est parvenu de la boucherie qui se faisait à la boulangerie. Ce jour-là, pendant la guerre, mon grand-père avait tué deux cochons, ce qui n’était pas permis. Quand le contrôleur est arrivé, il a été bien reçu avec une bouteille et du saucisson, le temps d’aller cacher deux moitiés de cochons. Quand il est allé contrôler, il a bien vu deux moitiés de cochon et s’en est allé. C’est après coup qu’ils ont vu qu’ils avaient choisi les deux moitiés de droite des deux cochons. Le contrôleur n’avait rien vu ou n’avait rien voulu voir.

Il y avait un boulanger, Zahnd de Romainmôtier. Il avait un gros char qu’il tirait. Il montait avec le train sur Bretonnières, avec le bus sur Premier et Juriens. Il descendait en s’asseyant sur le devant du char pour les descente et guidait avec le timon entre les jambes.

Jacques me dit alors que sa génération a certainement été celle qui a vu le plus de découvertes. Les suivantes n’ont été que le perfectionnement de celles-ci.

La vie était tout de même plus dure. Il a connu les sacs de 100 kilos, puis ceux de 50, alors que maintenant ils sont de 25.

Le village a été goudronné en 1947, il se souvient encore de la terre battue. Il se souvient aussi quand les chars ont passé de la roue cerclée aux pneus, ce qui a grandement facilité le travail.

Il a aussi vécu les premières machines à laver. Avant, les femmes lavaient avec des cendres. Les grandes lessives avaient lieu deux fois par année.

Il se souvient aussi du commerce de radios que Michel Paltani faisait dans la région.

Le récit est à compléter, c’est ce que je ferai bientôt pour compléter ces souvenirs qui ne sont que la partie émergeante de l’iceberg de ses réminiscences. Je n’ai pas réussi notamment à percer les raisons qui provoquent sa nostalgie du passé.

Serge Goy

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  • Renata Roveretto

    Cher monsieur Serge Goy, intéressant ce bout de vie de monsieur Jacques Benoit. Très dur, et raconté avec une certaine résignation comme si il revivait ces divers moments difficiles. Très touchant.. merci pour ce partage. Amicalement Renata

Serge Goy
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14 mars 2022
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