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"L'une d'entre nous"

septembre, 1946
Pierre-Marie Epiney

Odile Antille-Crettol (*1932) raconte ici un épisode cruel de sa première année d'école de commerce. Native de Mollens, encouragée par sa "régente" qui voit en elle une future normalienne, elle se heurte à la provocation de son oncle Georges [Crettol] (le directeur de l'école d'agriculture de Châteauneuf, homme de plume et d'autorité) pour qui l'avenir se conjugue avec le commerce. Il ne voit guère sa nièce "respirer les pets des gosses". Nous sommes en 1946, au lendemain de la guerre. Odile a 14 ans. A part la transhumance Mollens-Loc et quelques messes à Sierre, c'est la première fois de son existence qu'elle quitte son village où elle était un peu reine pour rejoindre la ville où elle se découvre "pauvre petite fille". C'était la seule du village à fréquenter l'école supérieure de commerce de Sierre.

Elle se déplaçait en funiculaire mais, pour économiser quelques sous, son père décida qu'elle ferait un trajet réduit : elle prendra "le train" (comme elle aime à le dire) une station plus bas que la maison et descendra une station plus tôt. Si bien qu'elle devra beaucoup marcher pour rentrer chez elle ou aller en classe mais cela évitera de trop saigner le porte-monnaie paternel.

Pour transporter ses affaires scolaires, un oncle lui avait fait don d'une sabretache qu'il avait gagnée au loto mais comme celle-ci était trop étroite pour contenir le livre de comptabilité, Odile devait le porter à part. C'est ainsi que ses camarades la voyaient arriver sur la route en pente au-dessus de l'école, habillée en paysanne et portant souvent des victuailles ou du lait qui réduisaient la facture du dîner qu'elle prenait à l'école. Ajoutez un accent un peu campagnard où les "r" étaient roulés : il n'en fallait pas davantage pour que ses camarades la choisissent comme sujet d'étude lorsque la sœur enseignante de français avait imposé "l'une d'entre nous" comme titre du travail de rédaction. Sur la vingtaine d'élèves que comptait la classe, 18 décrivirent Odile et, lors de la remise des compositions, la sœur prit un vif plaisir à souligner l'originalité et la pertinence de chaque portrait pour le plus grand déplaisir d'Odile.

La famille d'Odile en octobre 1946 :

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