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Crans versus Montana

8 novembre 2023
Pierre-Marie Epiney

Sylvie Doriot Galofaro (*1963), a signé "Une histoire culturelle de Crans-Montana (1896-2016)" , ouvrage de référence pour la station du Haut-Plateau paru aux Editions Alphil en 2017.

Dans cette capsule, elle répond à la question suivante :

Crans : station jeune, fun, sexy et sportive opposée à Montana et ses sanatoriums, terre de malades. Cette opposition est-elle toujours d’actualité ?

Quelques citations :

  • Le sanatorium Beauregard était pour les gens chics, aisés. Par contre, le Genevois était pour les indigents.
  • On essayait de mettre ces sanatoriums le plus loin possible parce qu'on avait quand même peur de ces malades.
  • En 1928, on commence à dire : "A Montana, il n'y a que des malades. Nous Crans, on veut être une station sport chic et on va dire "pas de malades".
  • On disait : "Si tu as les lèvres coupées et tu viens à Montana, tu risques d'attraper la tuberculose."

Cette capsule est visible sur Youtube à cette adresse.

Merci à Thierry Epiney qui offre la musique accompagnant cette capsule.

Voir aussi :

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  • Charly-G. Arbellay

    Lorsque le médecin allemand Robert Koch, prix Nobel 1905, découvre en 1882 le bacille qui porte son nom, il n’imaginait certainement pas que cette bactérie allait jeter la pagaille dans un petit coin de paradis valaisan.

    Sylvie Doriot Galofaro cerne avec beaucoup de classe, d’élévation et de lucidité d’esprit cette rivalité entre deux stations. Le débat ne s’est pas seulement cristallisé à Crans et à Montana mais, de 1919 à 1939, également au Grand conseil et au Conseil d’Etat.

    Les députés se sont écharpés durant vingt ans pour se mettre d’accord sur un endroit où construire le Sanatorium valaisan et à trouver son financement. Alors que le peuple souffrait de tuberculose dans des propositions calamiteuses, nos autorités regardaient ailleurs. C’est finalement grâce à la générosité de la Bourgeoisie de Montana et à son président d’alors Fabien Rey que le Valais s’est doté d’un sanatorium populaire (SANAVAL) au lieudit Grand-Zour (aussi Grand-Jeur), au cœur de la forêt : 60'612 m2 vendus 1 franc le m2 à l’Etat du Valais.

    Ma mère a séjourné de 1950 à 1953 pour une tuberculose osseuse dans cet établissement. Elle nous disait : « n’allez pas à Crans. Là-haut les gens glorifient le golf et méprisent les malades. On n’est pourtant pas des lépreux … !»

    Cette difficile cohabitation entre les touristes et les malades a existé dans tous les stations de cure d’Europe. Depuis, on peut remercier Alexandre Fleming qui a découvert la pénicilline le 3 septembre 1928 et aux médecins qui dès 1941 l’ont utilisé pour traiter les maladies. Dès lors la paix est revenue entre les malades et les bien-portants. Il n’y a plus de rivalité mais une communauté de vue !

    Sources : Petite histoire d’une grande œuvre de santé – Du sanatorium populaire du Valais au Centre valaisan de pneumologie – 1941-1991. Bojen Olsommer – Valprint S.A. Sion 1991.